In my Pocket

11.09.19

Grand-huit

Catégorie: Au boulot!

Ma rentrée s'est bien passée et j'ai une chouette classe cette année. Du coup je suis plutôt contente. Je dis "plutôt" car deux petites choses viennent quand même mettre un gros bémol à ça:

- j'ai un élève très perturbateur à gérer, le genre qui vous phagocyte la classe, qui vous prend toute votre énergie, votre attention, tout l'espace, tout le temps et laisse des miettes aux camarades. Je sais gérer ce genre d'élève, pour l'avoir fait déjà maintes fois car aujourd'hui c'est le lot de toutes les classes quasiment. Il va juste me falloir un peu de temps pour apprendre à le connaître (il est nouveau dans l'école) et mettre en place les bonnes stratégies. En attendant il est très très envahissant car ne respectant aucune des règles de la vie en société, il est agressif avec tout le monde, en opposition, refusant tout travail, ne tenant pas en place... et les autres prennent leur mal en patience. Heureusement qu'ils sont mignons et patients et tolérents, ça rend les choses plus faciles quand même. Car ce petit garçon est vraiment terrible, mais les autres ont réussi à l'intégrer assez facilement, après quelques explications de ma part, la chose était entendue. J'espère que je vais arriver à le faire progresser et à en tirer quelque chose, rien n'est moins sûr, mais je sais qu'il va me fatiguer bien comme il faut! Et c'est triste mais avec des gamins comme ça, on ne peut pas s'empêcher de penser que ça serait super s'ils allaient voir ailleurs...

- ma collègue directrice est enceinte... Même si c'est très bien pour elle, le truc c'est que lorsqu'elle partira en congé maternité en plein milieu de l'année, c'est moi qui vais me retrouver directrice par intérim. Je n'ai rien demandé mais je n'ai pas le choix. Je déteste le boulot de directrice. Pour l'avoir déjà fait pendant plusieurs années à différents moments de ma carrière je sais très bien de quoi il retourne et franchement, ça craint. Putrain ça me fait grave chier pour dire les choses clairement. Aucue envie de brasser la merde, les relations avec l'inspection, gérer toutes les bricoles à la con, les parents relous, la paperasse à n'en plus finir et les réunions à la pelle... Entre le marteau et l'enclume on finit toujours épuisé et amer, j'ai horreur de cette fonction. Je bénis ma collègue. Bien sûr quand elle me l'a annoncé j'ai fait genre "pas de problème tinquiète!" mais au fond je me répétais "putain putain putain putain putain"... Je croise les doigts pour qu'elle ne soit pas arrêté avant pour raison de santé, ça serait encore pire. Et je croise les doigts pour ne pas me avoir de grosses galères à gérer durant les quelques mois où ça sera ma pomme aux commandes.

Sinon on peut dire que le reste est cool. Oui faut bien positiver quand même hein. Même pas 2 semaines de reprise et j'ai déjà l'impression que ça fait 2 mois que je bosse. J'ai la tête farcie en permanence de tout ce que j'ai à faire, des post-its partout pour me le rappeler, je passe mon temps à regarder ma montre et à planifier pour essayer de me débarrasser d'un max de trucs vu qu'il s'en rajoute tout autant en même temps... Bref c'est la reprise et c'est reparti pour un tour de manège gratuit!

Je vous ai déjà dit que je déteste les manèges?

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31.08.19

Octopus

Catégorie: Poésie

Qui es-tu
Toi
Qui m'enserres
Dans cette étreinte douloureuse
Ce corps à corps à vie
Ce pacte nié
Enroulé autour de moi
Respirant comme je respire
Se mouvant comme je vais

Qui es-tuu
Toi
Je vois tes yeux miroirs
Sans lumière
Absorbant mon âme
Y coulant comme la cire
Pour cacheter
Et sceller
Nos coeurs ensemble

Qui es-tu
Toi
Ondoyant sous l'eau de mon esprit
Te contorsionnant en mille formes
Toujours différentes
Toujours toi
Toujours là
Mais insaisissable

Qui es-tu
Toi
Au bec acéré
Caché
Fait pour déchiqueter ma vie
Petits bouts de repas
Substantifs
Tournoyant dans les remous

Qui es-tu
Toi
Que je garde collé à moi
Qui m'identifie
Et me donne corps
De ce sang bleu noir
Craché dans les abysses
Aux eaux cristalines
Où tu te poses en statue immergée

Qui es-tu
Toi
Si ce n'est
Ce que je suis vraiment

octopus by Tierra Connor
                                                                                      Octopus by Tierra Connor

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25.08.19

Du galon

Catégorie: Au Boulot!

Le temps passe vite et je me retrouve à préparer ma 14ème rentrée...

Je n'ai plus l'appréhension des premières fois (qui a duré des années quand même) ce qui est appréciable. Mais je n'ai plus non plus l'enthsouiasme débordant qui allait avec. Je suis contente à l'idée de retrouver mes élèves, avec de nouvelles têtes et d'autres plus connues. Avec de nouveaux challenges et de nouveaux projets. Reste que je suis aussi un peu blasée par la répétition. Car même si toutes les années sont différentes, en toile de fond on retrouve toujours les même éléments, comme les grandes dates de l'année, la relation avec les parents qui souffle le chaud et le froid, l'institution sourde aux réalités du terrain et à la difficulté de plus en plus grande d'enseigner dans de bonnes conditions, les petits dessins trop mignons qui viendront tapisser le mur de mon bureau, les invariables bobos de la récréation, les petites têtes transpirantes après les parties de balles, les coussins jamais rangés correctement, les miettes de gommes partout sur mon bureau d'avoir tellement repris avec eux toutes les erreurs sur leurs feuilles, les sempiternels mots contre les poux, cet élève en difficulté pour lequel on ne sait plus quoi faire ni comment faire, l'attention constante pour tout, pour tous, tout le temps, qui m'épuise si vite désormais. Je sais que tout ça sera là. Et j'en ai envie, sans en avoir envie, car on ne peut pas avoir les petits bonheurs de ce métier sans le gros barouf qui va autour et qui étouffe, de plus en plus.

Du coup pour survivre on finit à prendre du recul. Tout en essayant de rester impliqué. Pour ça il faut apprendre à se focaliser sur les bonnes choses, les choses positives, les réussites, les avancées, aussi minimes soient-elles, et à ne pas trop prendre pour soi ce qui dérape ou ne fonctionne pas, même si inévitablement on se sent toujours responsable et on se dit qu'on aurait du faire mieux, autrement... Sacré jeu d'équilibriste et bonne prise de tête en perspective je vous le garantis! Cette année je compte encore réitérer l'exploit et perfectionner un peu plus ma technique, en étant notamment plus organisée pour perdre moins de temps et d'énergie sur des tâches secondaires. Reste que cela demande de la rigueur... chose qui n'est pas innée chez moi!

Fut un temps où j'avais l'impression d'avoir tout oublié et je stressais comme une malade en voyant approcher la rentrée, comme si j'allais être incapable de reprendre ma tâche. Aujourd'hui je n'ai plus aucun doute: bien sûr que je vais reprendre ma tâche. Je suis une bonne enseignante - ce qui ne veut pas dire parfaite hein! - et je sais ce que j'ai à faire pour que tout se passe au mieux. Bien sûr comme tous les ans j'ai prévu d'améliorer certains points que j'ai pu approfondir ou questionner pendant les vacances, mettre en place de nouvelles choses... Mais je tiens la baraque, je le sais. Et je trouve cette certitude désarmante tellement elle me paraissait hors d'atteinte quand j'ai commencé, et pendant si longtemps, et davantages encore quand j'ai touché le fond et cru que ce boulot allait me rendre dingue. A quel moment est-elle devenue une certitude? Je ne sais pas. A quel moment ai-je réussi à prendre cette distance salutaire, celle où on aime encore le métier, où on reste impliqué et curieux, mais pas trop, pas de cette manière excessive où le métier vient nous dévorer vivant? Aucune idée... C'est juste qu'elle est là, et qu'elle me valide, elle me dit que je suis une bonne maîtresse. C'est un fait.

Alors voilà. Je fais ma 14ème rentrée  - et bien entendu j'ai encore beaucoup de chose à apprendre sur le métier, mais je n'ai plus le doute ni l'appréhension de savoir si je vais être à la hauteur, si je vais gérer. Parce que je vais gérer. Et je sais aussi que je vais en chier, c'est inévitable. Pas de surpise là-dessus non plus! Mais que je sais aussi que je vais avoir de belles satisfactions. Je vois déjà les grandes lignes de mon année se dérouler inévitablement dans mon esprit comme une mélodie bien connue. Parce que je sais.

Parce que je ne suis plus une débutante dans cette drôle d'armée brinquebalante qu'est l'école de la République.

Parce que j'ai gagné du galon.

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16.08.19

Remake

Catégorie: Interludes

Il y a quelques années, j'avais répondu à ce petit questionnaire, et puis encore un an plus tard. Je récidive aujourd’hui, dix ans après !

Règle du jeu: « On branche son baladeur mp3 en mode aléatoire et on répond aux questions par les titres des chansons (en suivant l’ordre).»

Pour les nuls en anglais, j'ai tenté de faire une traduction approximative à chaque fois, histoire que vous puissiez suivre quand même! Et c'est parti...

Comment vous vous sentez aujourd'hui ?
Vacances – L’impératrice
Oui, c’est l’air du temps qui veut ça ! Encore pour quelques jours en tout cas !

Irez-vous loin dans la vie ?
You and I* - Barnes Courtney
Difficile d’aller loin tout seul. Pourtant je suis seule. Mais pas vraiment. Je ne suis jamais vraiment seule. IL est avec moi. Tout le temps. Partout. Ce n’est pas une certitude, c’est un fait. Longtemps ça a été une espérance, une croyance. Aujourd’hui on n’en est plus là. Avec l’évolution de notre relation c’est devenu un fait. C’est devenu You and I. Et on forme un sacré duo !
[*Toi et moi]

Comment vos amis vous voient-ils ?
L’amour en solitaire – Juliette Armanet
Je n’ai pas d’amis. Je suis lucide. Des connaissances oui. Certaines avec qui j’ai vraiment des affinités même. Mais pas d’amis. J’ai essayé mais je suis comme je suis et ma conception de l’amitié est tout simplement très loin de ce qu’on entend généralement par amitié.

Allez-vous vous marier ?
Derrière l’amour – Johnny Hallyday
Exact. Pour se marier, faut déjà être en amour. C’est pas mon cas. Je dis pas que je ne me marierai jamais, j’en sais rien. C’est l’étape d’après après après. Moi j’ai même pas le début du commencement d’avant…

Quelle est la chanson emblème de votre meilleur ami ?
La grenade – Clara Luciani
C’est bien vu, vu que celle que je considérais comme ma seule depuis presque 4 ans - et même toute première vraie amie de ma vie - s’est révélée ne pas l’être ces derniers mois. Une grenade. Tant que c’est pas dégoupillé, on ne se rend pas compte à quel point c’est dangereux et pas du tout ce que ça a l’air d’être. Quand c’est dégoupillé c’est trop tard, ça vous pète à la gueule. Je me suis remise de l’explosion.

C'est quoi, l'histoire de votre vie ?
Chandelier* - Sia
Je ne bois pas, mais ma vie ressemble à cette chanson. Sauf que la fête ça serait ma vie, une espèce de fête craignosse et sans fin où j’essaierais de tout oublier et de tenir bon, de ne pas penser, en faisant semblant, en ayant l’air de tout sauf de ce que je suis vraiment. Et surtout ne pas montrer que je ne gère absolument rien.
[*lustre]

C'était comment, le lycée ?
All we do* - Oh wonder
Tout ce que j’ai fait c’est d’y passer. Ni vu ni connu. J’étais personne. Je n’allais nulle part. Une partie de moi remontera toujours les longs tunnels sombres des couloirs de ce bahut.
[*Tout ce que nous faisons]

Comment pouvez-vous avancer dans la vie ?
Nevermind* - Dennis Lloyd
En arrêtant justement de dire tout le temps ça ! C’est pas grave, ça ne fait rien… Je minimise tout le temps comme si ça pouvait effacer les choses. Bien sûr que si, c’est grave, ça me fait quelque chose et j’ai le droit de le dire. C’est ce que je me répète maintenant quand ce « Nevermind » réflex me vient en tête.
[*ça ne fait rien]

A propos de vos amis ?
Bang Bang – Stéphanie Lapointe
Oui voilà, j’ai fait une croix dessus… bang bang.

Quoi de prévu ce week-end ?
Here comes the rain again* - Macy gray
Vu que je vais rependre le boulot pour préparer la rentrée, forcément les soucis vont revenir aussi!
[*voilà que la pluie revient]

Pour décrire vos grands-parents ?
Young and Beautiful – Lana Del Rey
Mes grands-parents paternels sont comme ça sur les photos que j’ai d’eux dans ma chambre. Beaux, et relativement jeunes. En même temps ils sont morts assez tôt. Ma grand-mère maternelle aussi est jeune et belle : coquette et amoureuse de nouveau à 78 ans !
[*jeune et beau]

Comment va votre vie ?
Uncover – Zara Larsson
J’essaie de me dévoiler de plus en plus, ou tout du moins d’être moi, de m’autoriser à être moi. C’est le début mais ça fait du bien. Je me doute que je ne vais pas pouvoir être moi à cent pour cent, ça serait pas socialement possible. Mais pouvoir l’être un peu plus, c’est déjà super.
[*dévoiler]

Quelle chanson jouera-t-on à votre enterrement ?
I miss you* - Adele
Je me demande s’il y’aura quelqu’un à mon enterrement. Si je manquerai vraiment à quelqu’un. Parfois même je me dis que s’il avait lieu aujourd’hui il n’y aurait pas grand monde, ma famille, pas nombreuse, et c’est tout. Dans quelques années quand tous ces gens ne seront plus là, il n’y aura sans doute personne à mon enterrement. Comme tout le monde pourtant j’aimerai que quelqu’un se souvienne de moi.
[*Seigneur souviens-toi de moi]

Comment le monde vous voit-il ?
Then* - Anne-Marie
Je ne suis pas vraiment présente dans la vie des autres. Je suis juste un passage, un moment. Après, ensuite. Et puis autre chose. Je suis importante dans l’instant. Mais je disparais aussi vite. Au suivant!
[*puis]

Aurez-vous une vie heureuse ?
Un autre que moi - Fishbach
Non. Une vie heureuse ça n’existe pas. En tout cas pas si on est un minimum conscient de soi, du monde. Mais une vie bien remplie, une vie à se questionner, une vie à essayer, à résister, à espérer et se battre, c’est ce que j’imagine comme une vie réussie. C’est ce que j’essaie de faire.

Qu'est-ce que vos amis pensent vraiment de vous ?
Fragile - Sting
Si j’avais des amis, ils le sauraient. Ils sauraient que j’ai l’air forte et capable de tout gérer, et quelque part je le suis. Mais je suis aussi fragile et sur le fil, à chaque minute de cette vie. De vrais amis le sauraient.

Est-ce que les gens vous désirent secrètement ?
Lacrimosa - Mozart
Des larmes oui. Parce que ça ferait tellement du bien à mon moi profond de savoir que c’est possible, que des gens peuvent me désirer. Tellement je suis persuadée que c’est impossible et que ça n’arrivera jamais, parce que pour ça j’ai l’impression d’être un monstre.

Comment me rendre moi-même heureux ?
A l’ammoniaque - PNL
Quelque chose de corrosif pourrait aider oui. Parfois j’aurai envie de passer un grand coup de décapant sur ma vie, pour faire peau neuve et être moi, pour aller de l’avant. En lever les tâches. Retrouver la pureté d’origine peut-être…

Qu'est-ce que vous devriez faire de votre vie ?
Flames – David Guetta
Prendre feu. Rallumer ma vie. Il serait temps. Retrouver la flamme qui fait avancer, pas comme un robot, pas à marche forcée mais avec panache, avec envie, avec morgue. Je suis en veilleuse depuis trop longtemps. Faudrait un peu de carburant, de combustible et une étincelle, pour tout refaire flamber pour de bon. J’y travaille…
[*flammes]

Aurez-vous des enfants un jour ?
Call out my name* - The Weeknd
Sans doute que non. Le temps joue contre moi. En tout cas pour avoir des enfants au sens où on l’entend quand on pose cette question. Mais j’ai eu, j’ai et j’aurai encore des enfants. Parce que je suis enseignante. Parce qu’avoir des enfants c’est aider à grandir un autre être humain et lui transmettre des savoirs et des valeurs. Et ça je le fais tous les jours où je travaille. Mon travail, dans un sens, c’est d’avoir des enfants. Et même si on ne m’appelle « Maman » que par erreur de temps en temps, on m’aura appelé « Maîtresse » tellement de fois que je pourrais dire que oui, j’ai eu des enfants.

Sur quelle chanson vous feriez un strip-tease ?
Mayday – Shy’m
Oui voilà ça serait un énorme mayday, sos, à l’aide, au secours… Je serai incapable de faire un  stip-tease. C’est inconcevable. Pour tout un tas de raisons pas sympas, et pas juste un « oh je me trouve pas belle » nan hein. De vraies raisons, plus profonds et même glauques en fait.

Si un homme dans une camionnette vous offrait un bonbon, que feriez-vous ?
Puis danse - Eugénie
Pas besoin de prendre des trucs pour planer. Il suffit de danser ! Musique à fond, on suit le rythme et on perd le contrôle. Moi en tout cas je perds le contrôle, c’est comme une transe et c’est grisant, ça fait un bien fou !

Quel est votre plus sombre secret ?
Dusk till down - Zayn
La nuit. J’aime la nuit. Je pourrais vivre la nuit. J’aimerai vivre la nuit. Je pourrais écrire. Ne voir personne. Oublier le monde petit à petit. Les gens trouvent bizarre que je dorme jusqu’à 14 heures, ils ne savent pas que je me couche très tard dès que je peux.
[*du crépuscule jusqu’à l’aube]

Quelle est la chanson emblème de votre ennemi mortel ?
Heavy cross* - Gossip
Je n’ai pas d’ennemi mortel. J’essaie de ne pas avoir d’ennemi tout court. Des gens que je n’apprécie pas, oui. Des gens que je déteste parfois aussi. Mais toujours je m’efforce de me mettre à leur place, d’essayer de comprendre pourquoi ils sont comme ça, pourquoi je n’accroche pas ou ce que je déteste chez eux. Je n’y arrive pas forcément, ou ça prend du temps. C’est ma croix.
[*lourde croix]

Quelle est votre personnalité ?
You’re never fully dressed without a smile* - Sia
C’est mon arme absolue. Celle que j’ai choisie parce que ça protège de beaucoup de chose. Un sourire. Souvent c’est juste un réflexe mais j’essaie que ça soit le plus honnête possible, un vrai sourire. Un vrai sourire ça peut changer la façon dont on vous regarde, dont on vous parle. Et aussi c’est une politesse. Pour pas montrer à quel point je suis souvent distante, étrangère, parfois triste. Je souris pour les autres. Et je souris pour moi. Parce que c’est aussi mon arme pour tenir, pour croire que ça va encore. Je ne suis pas complète si je ne souris pas.
[*Tu n’es jamais complètement habillé sans un sourire]

Quelle chanson jouera-t-on à votre mariage ?
Possibility* - Lykke Li
Voilà un titre qui serait approprié, tellement j’ai l’impression, de plus en plus une certitude d’ailleurs, qu’il n’y aura jamais de mariage dans ma vie. J’ai un autre destin. C’est tout. Mais peut-être qu’il me montrera justement que tout reste une possibilité.
[*possibilité]

Et bien voilà c’est fini ! Ma foi, ce cru n'est pas mauvais! Si certains d'entre vous se sentent d'essayer, lancez-vous et laisser un com, j'irai lire ça avec plaisir!

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By Bicicleta Sem Freio

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14.08.19

Infernal

Catégorie: Poésie

J'ai mangé la terre
Et personne pour m'arrêter
Crois tu qu'aujourd'hui
Tu sois assez grand pour venir jusqu'à moi?

Quand j'ai vendu le ciel
Personne pour me reprendre
Alors crois tu qu'aujourd'hui
Tu sois assez grand pour venir jusqu'à moi?

J'ai plié l'horizon
Arraché les eaux
Personne pour me tuer

Crois tu qu'aujourd'hui
Tu sois assez grand pour venir jusqu'à moi?

Certainement pas

cloak of conscience by Anna Chromy
Cloak of conscience by Anna Chromy

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12.08.19

Mutisme

Catégorie: Dark side

Quelque chose est mort. Et attaché. Au poteau de la raison, condamné en tension pour que le reste puisse demeurer vivant. Viable. Pourtant quelque chose est mort. Les rubans sur le bâton prennent le vent de mes regrets comme des drapeaux déchiquetés indiquant le souffle qui n’est plus. Des rubans de misère. Des compagnons que tous ces fantômes, mots inertes et navrants, partis, pleurant, qui se répètent alors qu’ils avaient panache, ils n’ont plus que peu. Quelque chose est mort. Que je porte en moi. Tombeau vivant qui marche et avance, alors que tout aurait dû cesser lorsque le dernier mot censé fut sorti et sec. Je reste si immobile, à l’affut de cette salive qui devrait humecter les crevasses de mon âme. Mais je ne sais plus dire qu’avec des mots contraints et choisis, presque sans couleurs, qui viennent se poser en rang et s’ordonnent comme j’ordonne les battements de mon cœur pour éviter qu’il ne souffre trop. Pas trop vite. Pas trop fort. Quelque chose est mort. Dans cette mesure, cette astreinte, cette folie que je longe et qui se laisse en respect tant que je suis respectable. J’évite d’avoir à dire, et le long de ce chemin il n’y a que des potences, auxquelles pendent les longs rubans de mes regrets et de ma colère. Autant de marques, chacune à son tour, qui dit combien j’étais un capitaine, et les épaulettes d’or à mes manteaux de gloire, les routes de soleils, la vie, brûlante, gorgée d’espoir et d’envie. Autant de morts, tombant tristement, déchiquetés, mangés, arrachés à mon être et qui lui manquent cruellement. Quelque chose est mort. Qui m’est absence. Qui me fait mal. Que je cherche. Absurde et incrédule. Quelque chose est mort. Qui m’appartenait, qui était moi. Quelque chose est mort. Tandis que je survivais.

La-Statue-MutileeStatue mutilée by Unknown

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10.08.19

Orgue de barbarie

Catégorie: Poésie

Parfois je parle trop,
Tu aurais du me faire taire.
J'aurai pu entendre
Le silence au fond de toi
De ceux que l'on ne pousse pas.
Qu'on nous ouvre
Ou qui reste fermés.
Je connais des pianos
Comme ça
Qu'il vaut mieux fuir.

Parfois je parle trop
Hurlait-il au fond
A l'intérieur
Et je ne l'aurais pas vu
Au fond de toi
L'orgue de barbarie.

Orgue de barbarie

Loin  à l'intérieur
Musique qui tourne
Sons d'automne
Grinçant et claironnant
Qui tourne et s'enroule
A un cœur en sourdine
Petite mécanique
Redoutable et méchante
Chaîne de papier
Que rien ne peut briser
Retour de manivelle
Qui resserre son étreinte

Verrouillant le musique

Tournante, scillante
Coupante comme le papier
Cantique d'urgence
Figé
Loin à l'intérieur

En silence

music broken by guydudeMusic broken by Guydude

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05.08.19

Certitude

Catégorie: Bright Side

Comment savoir si on peut ? Si on pourra ? Comment savoir ? Si on sera à la hauteur ? Si on aura les mâchoires assez grandes, les dents assez longues, le souffle assez froid ? Comment savoir si on doit ? Si de nos veines peuvent couler des merveilles, des fleuves salutaires ? Si de nos yeux peuvent jaillir des forces, des dieux, des flots d’envie et d’enjeux ? Si de nos mains peuvent glisser des manteaux de gloire, des manteaux de peur, des cordes pour nous rattraper, nous retenir, nous sauver ? Comment savoir si on peut ? Si on peut revenir, si on peut surgir, sortir de l’ombre, du ventre de nos mères, si on peut renaître et reprendre vie, souffle, espoir ? Comment savoir si on sera capable ? Capable d’aller, d’être, de relever la tête, de gonfler la poitrine, et de dire son nom, de dire son nom encore, de s’en souvenir même seulement ? Comment savoir si on aura assez de temps pour ouvrir la bouche, pour amorcer, pour tenter de vaincre, pour y croire au moins. Comment savoir si on sera encore là ? Encore vivant, encore en lutte, si on sera encore capable de mettre un pied dans la porte, un pied devant l’autre, un poing dans la gueule, un point final ? Si on aura assez de coffre, assez de fougue, assez d’inconscience pour vouloir, même brisés, même lacérés, même vidés, saignants, hurlants, vouloir quand même dire qui l’on est et s’accrocher à notre âme ? Comment savoir si la folie ne nous dévorera pas, un jour, si la terre ne nous avalera pas, quand nous seront trop faibles, trop souffrants, trop lourd ? Comment savoir si on peut rester digne, vivant, conscient, quand la vie vous arrache les entrailles et vous laisse pourrir au soleil de son éternité ?

Je ne sais pas si je peux, si je pourrai.
Je sais seulement que tu seras là.

eglise romane

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29.12.18

Capitaine

Catégorie: Poésie

Quand le vent a-t-il dit ton nom ?
Je n’en ai pas souvenir
Pourtant
Il y a dans ce souffle la vie
Que tu refuses de me rendre

Quand le vent a-t-il pris ton ombre ?
Je n’en ai pas souvenir
Et pourtant
Si je regarde droit devant
Le blanc me tranche en deux
Et ouvre ma foi

Quand le vent a-t-il dit ton heure ?
Je n’en ai pas souvenir
Juste qu’il attendait là
Que je revienne
Car tout commence

Quand le vent a-t-il pris ta forme ?
Je n’en ai pas souvenir
Pourtant
C’est bien ton manteau que j’enfile
Et ton bateau que je prends

Quand le vent a-t-il dit ton nom ?
Je n’en ai pas souvenir
Pourtant
Je l’ai reconnu
Encore

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                                                                                                     Wind by Unknown

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27.02.16

Morts vivants

Catégorie: Poésie

Des blessures sans trace
Dans ce sang qui ne coule pas
Dans ce souffle qui ne manque pas
Y'a-t-il des soldats qui ne meurent jamais?

Transpercés par le glaive
Ils resteraient là, impassibles
Se vidant sans y penser
Sans le faire remarquer,
Et debout, toujours
Continueraient-ils de se battre?

Des cicatrices qui ne parlent pas
Qui n'ont pas eu de blessures
Des chairs qui ne se sont jamais ouvertes
Dans ce corps vivant
Des morts qui ne meurent pas.
Y'a-t-il des coeurs qui s'arrêtent
Sans rien dire, parce qu'il le faut bien
Et continue de battre mécaniquement
Parfaitement?
Des oiseaux en plein vol qu'on auraient déjà abattus
Et qui s'en iraient loin
Très loin.

Des blessures sans trace
Dans ce qui ne se montre pas
Dans ce qui ne se reconnait pas
Dans ce qu'on porte
A l'intérieur
Et qui nous achève.

Y'a-t-il des soldats qui ne meurent jamais,
Autres que nous mêmes?

08_France_Paris_PigeonOnStatue
                                                                                      Pigeon sur une statue parisienne by Unknown

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