Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
In my Pocket
Publicité
Archives
27 avril 2008

Il m'a manqué

Catégorie: Muzic

Là que j'ai un peu de temps, je rattrape un grave retard. Car oui, à peine était-il sorti que je l'avais déjà entre les mains, parce que je suis totalement fan. Je me dois donc d'en dire quelques mots ici...

Bleu Petrole
Bleu Pétrole - Alain Bashung

Forcément je ne peux pas être objective, trop envoûtée que je suis par sa musique et ses textes. Il est d'ailleurs l'un des rares dont j'écoute les réparties en me disant "oh zut, pourquoi je l'ai jamais trouvée celle là"... Les mélodies sont d'une qualité remarquable, efficaces et originales, mais portent pourtant imanquablement cette griffe reconnaissable entre toute, ce charme venimeux et blasé qui nous hypnotise. Les textes eux sont délicieux, surprenants mais tout autant signés. Au final on écoute en se disant que c'est nouveau mais familier, le plus agréable en somme quand on aime un artiste! C'est un excellent album, bien moins introverti que le précédant - excellent aussi au demeurant - et qui retrouve quelque chose de Fantaisie Militaire, sans conteste un de ses meilleurs albums, avec en plus la couleur de l'air du temps. Personnellement vous l'aurez compris, j'adore...

Publicité
8 avril 2008

Déni

Catégorie: Dark Side

J’aurai lâché ta main il y a bien longtemps, j’aurai lâché ta main un matin de printemps. A force d’y penser j’aurai oublié. J’aurai lâché ta main comme on laisse glisser. J’aurai lâché ta main comme on sourit, j’aurai lâché, sans même  avoir envie. J’aurai lâché ta main à force de fatigue, à force de tenir les poings et dents serrés. J’aurai lâché ta main, pour m’en aller tranquille, te laissant t’échapper, glisser, et t’effacer. J’aurai lâché ta main il y a longtemps, j’aurai lâché ta main juste en fermant les yeux. A force de tenir trop fermement, trop fort, j’aurai lâché ta main, un peu comme une mort. J’aurai lâché ta main, un matin de printemps, m’occupant d’autre chose, allant de mon chemin, quittant cette place ou trop longtemps je fus, j’aurai lâché ta main comme un adieu muet, comme un aveux trop tard, quelque chose qu’on défait. J’aurai lâché ta main et m’en serait allé sans même me retourner, sans même t’en vouloir. J’aurai lâché ta main à force de tenir. J’aurai lâché ta main pour en reprendre une autre. J’aurai lâché ta main si ça n’était que peine. J’aurai lâché ta main il y a bien longtemps, si je n’avais pas peur que ce soit là la mienne.

decayoflovebyeddietheyeti
                        Face Skin by Unknown

3 avril 2008

Course folle

Catgéorie: Bright Side

J’ai couru le long de falaise si à pic qu’elles auraient filé le vertige au bon dieu. J’ai couru et bondi dans le sable des pistes de cirque, éclaboussant la lumière des feux de mes sourires. J’ai couru le long des voies de chemin de fer dans les herbes sèches des après-midi de septembre. J’ai couru et bondi dans les vagues d’écumes que l’océan crachait pour me rattraper. J’ai couru en riant derrière les charrettes pleines des foins fraîchement coupés. J’ai couru et bondi de pierres en pierres pour traverser les torrents glacés au creux des forêts de montagne. J’ai couru en faisant claquer mes chaussures neuves sur le pavé gris des rues sans fin des grandes mégapoles affolées. J’ai couru et bondi pour attraper des trains, des avions, des cargos, qui m’emmenait toujours ailleurs, courir ailleurs. J’ai couru dans le soleil froid des hivers qui s’embuent, ne sentant plus mes pieds. J’ai couru et bondi dans les flaques, sous les pluies rouges d’octobre et sous celles jaunes d’avril. J’ai couru après les oiseaux qui s’envolaient sur les grandes places blanches. J’ai couru à des balcons pour voir passer les fanfares et aux fenêtres pour voir les feux d’artifice. J’ai couru et bondi au son de la musique des bals du samedi. J’ai couru dans les sillons durcis par le soleil, dans la poussière qui montait au martellement de mes pas. J’ai couru et bondi de case de marelle en entrechat. J’ai couru en traversant des passages piétons par centaines, en traversant des rues, des villes entières. J’ai couru pour rattraper les chapeaux qui s’envolaient, dans le ciel bleu de juin, dans le ciel noir de novembre. J’ai couru et bondi après des papillons, après des libellules, après des étoiles dans les ciels d'encre des nuits de pleine lune. J’ai couru à perdre haleine, j’ai couru en riant. Sans même y penser. Sans même le savoir. J’ai couru.
J’ai couru jusqu’à toi.

girl_on_a_swing__by_Walter_Rosenblum
                                       Girl on a swing by Walter Rosenblum

10 janvier 2007

Biographie

Catégorie: Bright Side

De tous les tournants, lequel prendras-tu? De tous les tourments lequel restera pris dans ta chair, pris à ce jeu traite et mortel? Lequel achèvera une course si belle, et le souffle à bout que tu crachais encore? De tous les visages, lesquels qui se contractent et te glacent, lequel qui te parle sans mot, sans même avoir des yeux, juste dans sa forme, juste dans sa force? De tous les ponts qui se sont effondrés, pierre par pierre dans des océans de ténèbres et que tu n'auras pas franchis, combien qui ne menaient nulle part, combien t'ont sauvé la vie? De tous ces gouffres ouverts sur des océans d'infamies, des souffrances à perte de vue, comme les champs des enfers sobres d'une vie qu'on ment, combien, combien qui sont restés seulement des chaos noirs sous ces ponts éventrés? Combien de portes closes que tu auras poussées à reculons et qui t'auront attrapée au vol, que tu regretteras longtemps, qui t'auront rendue aussi vide que les pages des livres des vies que nous n'aurons jamais, qui te seront passées en travers, chansons à tue tête pour des fous heureux? De tous les sursauts de ton cœur, combien auront été des respirations en plein milieu de la nuit, en plein milieu des océans bleus d'encre qui noient les peurs comme la terre avale les morts?  De toutes les vies que tu auras eues dans ce miroir qui tranche, combien en auras-tu volé? Combien en auras-tu vécue? Des mensonges qui se broient comme les roches millénaires pour en faire de la boue, lesquels se glisseront dans tes veines, faire de toi une statue de glaise et de parole, figée, muette, hurlant des plaintes ou tu te débattras de toi? Et de ta vie comme un tourbillon de gris et de métal, scintillant de l'éclat doré des quelques feuilles d'ange que le ciel te laissent, que retiendras-tu? Comment te tiendra-t-elle? A bras le corps, je te le souhaite, à bras le corps, à corps et à cri, à l'arraché, comme on enlève les victoires, le poing levé et au galop. Je te le souhaite. Que de tous les tournants que tu prennes d'aucun ne soit droit, jamais, et que si tu croises un sourire tu saches, sans ouvrir les yeux, le faire tiens et faire ton chemin. En faire ton chemin.
Que de tous les tourments ne restent rien, que le seul visage qui t'auras parlé, et le seul pont qu'il aura tenu. Rien que les pages pleines d'une vie qui aura été à toi.
Et que tu auras faite.

no_title_by_Romeo_Tango
                                                             Choices by Roméo Tango

16 avril 2007

Dommages

Catégorie: Soundtrack Lyrics

Phil Collins - Can't turn back the years

Could've given you everything that you need
but I cannot turn back the years
The perfect love was all you wanted from me
but I cannot turn back the years

So we have to be strong, and I'm finding that hard
we have to move on, but no matter how hard I try
if your heart's in pieces, you look for the truth
and when I look deep down inside I know, it's too bad I love you

Sometimes. hits me in the morning, hits me at night
that I cannot turn back the years
so I look out my window, turn off my light
but I cannot turn back the years

Can't make it seem easy, when you're all that I see
can't live in a dream and I won't serenade the truth
people are hurting and they're looking to me
and I look at you there's nothing more to say, it's too bad I love you

But I'm never gonna give it up

All that I lived for, all that I dreamed
but I cannot turn back the years
You're the water i drink, you're the air that I breathe
but i cannot turn back the years

So we have to be strong, and I'm finding that hard
we have to move on, but no matter how hard I try
if your heart's in pieces, you look for the truth
and when I look deep down inside I know, it's too bad I love you

But I'm never gonna give it up

chrome_couple_by_patrick_jon_cooney
                                                Chrome couple by Patrick Jon Cooney

Publicité
12 février 2007

Le bûcher des vanités

Catégorie: Bright Side

La Reine brûle. Peut importe le plateau, la nature a choisi. La Reine brûle. Elle pensait être à sa place, elle pensait son règne digne, enfin. C'était sans voir qu'il n'y a rien de digne dans les cases qu'on empile, dans les lignes qu'on enfile. La Reine n'a une marge de manœuvre que trop réduite pour survivre, pour jouer. Et la Reine brûle. Petit bois. Petit bras. Pas de place pour les dentelles quand les bals se noient dans les lagunes miroitante et noires des canaux incertains serpentant sous les villes, sous les vies. La Reine ne peut pas régir ce monde là, régir ses lois qui n'en sont pas, qui ne tiennent rien que des pions juste bons à mourir au combat pour des rois de pacotille. La Reine s'essouffle, tente l'esbroufe, elle aura voulu vivre jusqu'à la fin, pris son tour par la force, mais il est des assauts qu'on ne peut mener à bien avec toute sa raison. Ainsi la Reine brûle. A la surface glissante du marbres blancs des palais silencieux et hautains, elle a avancé sûre de son droit, sûre de son pas, allant à l'échec sans rien voir de l'évidence. Comme un compte, il est des casiers où les têtes sont faites pour tomber. La Reine pensait y couper. La Reine à son trône comme au bûcher n'aura pas vu venir le cou. Elle pensait venir à bout d'une partie qui se joue malgré elle et derrière le rideau, quand en coulisse d'autres pièces se donnent. La Reine brûle. Et les perles qu'elle perd iront tout droit au Fou. Attendant quelque part son tour, se tordant jusqu'à la corde, de rire, jubilant. Puisque si la Reine brûle c'est qu'il reprend tout. Propriétaire des diagonales délirantes qui dévorent les stratégies sadiques comme une démentielle chansonnette. Etirant son pouvoir, son sourire, et son corps, le Fou refait surface des profondeurs étranges des gouffres contigus, frais comme un saltimbanque de carnaval, il choisit sa ligne et s'ajuste comme un danseur avant la musique. Le Fou connaît sa trace, peu importe la place, elles sont toutes à lui. Les perles des colliers qui servent à régner ne sont à sa parure que des breloques vives. Imparables fioritures aiguisées comme son œil. Que la partie s'engage il assure le spectacle. Le Fou remet son masque et il salue l'audience. Tandis que la Reine brûle de ce furieux triomphe.

Pollock_Portrait_Dream
                                                          Portrait-Dream by Pollock

16 février 2007

Négation

Catégorie: Dark Side

Il suffirait que je me retourne pour que la terre change, pour que la terre s'ouvre, et que devant moi soudain se dessine une route jusqu'à l'horizon, une route longue, une route droite, une route dans un désert bleu et chaud, une route qui ne s'arrête jamais, ne commence pas, une route où il n'y aurait personne. Il suffirait que je ferme les yeux pour qu'il y ait devant moi une route, la poussière, le temps qui goutte comme s'il n'en pouvait plus, comme si rien d'important ne passait jamais par là, à part le temps, et que le ciel au dessus de la route soit la seule chose ici qui soit réelle. Je voudrais pouvoir ouvrir les bras, et être là, au milieu de cette route longue et droite, cette route de nulle part, dans le silence des journées qui s'étirent, dans le silence d'un monde qui n'existe pas, où personne ne viendra vous chercher, et où l'on peut rester toute une vie debout au milieu de la route, à suivre les nuages des yeux. Il suffirait que je me retourne, si j'y croyais assez fort, pour que toute cette vie s'arrache de moi comme un décors, et que tous disparaissent, avalés, fondus dans le bleu immobile de cette route qui file, qui file tellement qu'on a pas besoin d'aller avec elle. Ca me suffirait moi, de savoir qu'elle vient de quelque part et qu'elle va quelque part, moi je pourrais rester là, pour le reste du temps. Je pourrais rester perdue et seule au milieu de nulle part. Puisque de toute façon je le suis déjà. Il suffirait que je me retourne pour que la terre change, pour que la terre s'ouvre et que devant moi se dessine soudain une route jusqu'à l'horizon, une route longue, une route droite, une route dans un désert, bleu et chaud celui là. Bleu et chaud. Où il n'y aurait vraiment personne. Où je serai celui que je ne peux pas.

Through_the_Veil_by_Animesh_Ray
                                                   
Through the Veil by Animesh Ray

9 février 2007

Désincarnation

Catégorie: BrightSide

Des rouages des machines vaines et aveugles qui broient nos ossements et nos cicatrices, quelle raison de s'opposer, de croire qu'on pourrait résister, quand le mouvement qui vient nous prendre est tellement simple, que la mort parait être plus évidente que n'importe quelle révolution. A quoi bon reprendre son souffle, refaire un tour, prendre sur soi la responsabilité lourde de cette folie, aller contre les rouages qui mangent, systématiques et imposants, aller contre le sens de la marche, contre l'engrenage. Quand nous ne sommes faits que de chair, faire de cette chair le grain de sable, malgré la faiblesse de cette silice de sang, celle qui viendra se faire déchiqueter entre deux crans, risquer quand même. Parce qu'essayer est la seule raison pour qu'on ne se transforme pas en pierre, en poussière, sans rien laisser, sans avoir de cœur, sans avoir eu de courage ni d'ardeur à quoi que ce fut. Quand face au ciel il n'y a plus que des moulins mécaniques, immenses gueules rouillées qui tournent et ressassent, qui engrangent, qui broient, nos ossements et nos cicatrices. Quand quelque part dans ces champs de machines, aux commandes desquelles personne ne vit, quand on peut être le grain de folie qui éraille, qui arrache, et faire cette différence si ténue, si ténue que personne ne l'entendra sinon l'infinie. Des mâchoires qui se referment et compressent, qui écrasent, dans le silence hurlant des grincements de dents, misère qu'on ne dit pas, hydraulique suffocation, s'aliéner à la ligne d'horizon aussi bleue que la vérité. Se moquer de la raison, puisque tout est absurde et méchant, et être le gros dos, la résistance, le ressort qui casse, oser se briser, s'arquebouter et prendre à contre-pied les monstres de métal et de graisse, ceux qui transpirent l'inhumanité et qui laminent avec conscience. Au diable la conscience, c'est d'amour que l'on manque. Des rouages des machines vaines et aveugles qui broient nos ossements et nos cicatrices, savoir la morsure et feindre d'ignorer la suite, les répétitions, vengeance. Préférer la douce agonie indolore et glisser le long de leurs chenilles, se laisser porter, mourir, échafaud en différé et le retour de lame au garrot. A quoi bon reprendre son souffle. Une différence si ténue que personne ne l'entendra. Quitte à mourir. Mourir en riant. Mourir sans savoir. A quoi bon avoir de l'honneur alors. Dans les champs de mines et d'acier trempé, élimination, assimilation appliquée, engrenages propres qui font les rebus. Puisque tout est réglé, avoir la morgue d'y glisser sa main. Là où il faut. Quand on le sait, quand on le voit, quand il y a une si belle opportunité et quand on fixe si fort la ligne bleue qu'on ne sentira rien, de toute façon. Cet ultime geste comme le seul possible pour ne pas se liquéfier, pour ne pas se rendre, volontaire sacrifiant nos bons esprits pour une excentricité utopique, stupide presque. Rêveur peut être, rêveur forcené. Ne pas trop y réfléchir et laisser le corps répondre. Reprendre son souffle. S'armer. Et aller contre. Puisque rester est déshonorant, trahissant notre être le plus profond, puisque celui qui peut devrait, au moins. Puisque des rouages des machines vaines et aveugles qui broient nos ossements et nos cicatrices, nous ne sentirons rien. Nous qui n'avons plus de chair.

Indian_20Dance_2041
                                                          Indian dancer by Unknown

30 décembre 2006

Coucouche panier!

Catégorie: Home sweet home

Oui elle a gagné elle dort à l'intérieur.

DSC02305bis

Y'a la place dehors hein, et j'ai tout fait pour qu'elle reste dehors, même l'emmailloter avec une couverture et tout et tout. Mais non. Elle a gagné, elle trône au milieu du salon.

Et c'est pas pour ses beaux yeux non...

DSC02310

... c'est juste que sinon elle démarre pas le matin.

Gom: 1 - Moi: 0

8 novembre 2006

Sphinx

Catégorie: Bright Side

Crame moi à l'intérieur, à la poudre, au napalm, avec ce que tu veux, aller viens, viens donc tenter ta chance, allume le feu et vois si ça prend, et jusqu'où ça me brûle. Crame tout, crame ce qui reste, carbonise vas-y, si tu peux, vas-y, à l'essence, à grande rasade, fume, fume tout, si tu peux. Ose. Sors le briquet, sors le lance flamme, allume moi, crache, carbonise, cuit tout, aller montre moi. La flambe, vas-y si tu peux, vas-y, la flambe, bien comme il faut, crame tout, crame à mort. Crame moi à l'intérieur. Crame. Vas-y. Carbonise et flambe. Crame.

Puisque de toute façon je suis un sphinx.

sumer
                                        Gravure Mésopotamienne

2 octobre 2006

Hermite

Catégorie: Poésie

Pourtant rien ne bouge, et tu devrais te taire.
Aller seul, en silence, à l'intérieur de pierre.
Marmonnant des absences comme unique prières.
Rien ne change, tu sais, et tu devrais t'y faire.
Ceux qui passent, et un instant tu crois.
Oublie. Rien d'eux ne te viendra.
Ce que tu cherches n'est pas ici.
Ce que tu cherches n'est pas.
Va donc seul, résigné, fait tranquille ton chemin
Puisqu'on ne gagne rien à attendre quelqu'un.
Celui qui vient, ne pourra rien pour toi.
Tu as besoin, mais il ne sera pas.
Tu devrais te taire, retourner en silence.
Il ne manque rien, à l'ombre d'espérance.
Nulle âme, même honnête
Ne peut remplir autre âme
Baisse donc la tête,
Et retourne à tes flammes
Rien ne bouge tu vois, et tu devrais t'y faire
D'aller seul en silence au long de cette terre.

hopper_hotel_room
                                                         Hotel Room by Edward Hopper

24 novembre 2006

Gardien

Catégorie: Poésie

Le feu.
Courant dans nos veines.
Celui qui mange,
Celui qui sauve,
Celui qui garde vivant,
Celui des danses,
Des transes.
Celui des nuits noires,
Quand les dieux parlent.
Celui de la terre
Et du cœur.
Le feu.
Serpent d'or.
Celui qui a des yeux,
Celui qui mord,
Celui qui bat,
Celui qui sort du corps,
Celui à l'horizon.
Quand le silence se rompt.
Le feu.
En saccade.
Celui qui remonte,
Celui qui prend place,
Celui qui garde,
Vivant.
Le feu.
Sacré.

HEART_IN_FIRE_nancy_kh_ler_rieken
                   Heart in fire by Nancy Khöler Rieken

22 novembre 2006

Hord d'atteinte

Catégorie: Poésie

De toutes les mains qui tenteront de me retenir
Aucune d'assez proche.
Ce ne sont pas les mots l'ami,
Ce ne sont pas les mots.
Juste la cadence
Qui n'est jamais la bonne,
Qui n'est jamais la mienne.
Et de toutes les mains qui tenteront de me retenir
Aucune d'assez juste.
Trop aveugle,
Trop sourde,
Ce ne sont que des mains.
Il m'aurait fallu des yeux.
Il m'aurait fallu des cœurs.
Et qu'ils puissent savoir ce qui ne se dit pas,
Sentir.
Ce ne sont pas les mots l'ami,
Mais les sentiments.

piano_lg
                                                   Piano by Unknown

15 novembre 2006

Immortelles

Catégorie: Anecdotes

Hier en rentrant de l'école, j'ai commis un horrible crime.

Ouais parce que y'a une chose de merdique quand on vit à la campagne et qu'on fait du vélo, je devrais dire et qu'on ne fait QUE du vélo... c'est quand l'hiver arrive et que la nuit tombe tellement vite qu'à 19h quand je pars de l'école, forcément il fait noir comme dans un four.

Parce que oui, l'éclairage public à la campagne ça existe, mais seulement dans les bourgs, et le long de la nationale. Pour le reste, allumez vos phares. Il a fallu que je costumise mon vélo pour avoir moi aussi un phare, et pas une de ces loupiotes ridicules qu'on vous vend chez décathcon parce que ça c'est juste bon pour les cyclistes des villes. Les cyclistes des champs il leur faut une énorme lampe de chantier comme ça:

DSC01903

Sinon c'est casse gueule assuré, surtout que la piste cyclable n'a pas de marquage au sol, donc difficile dans le noir de faire la différence entre la piste et le bas côté, et donc entre la piste et le fossé. Mieux vaut avoir une bonne lumière. En plus la mienne elle clignote orange comme les tracteur si je veux!

Revenons-en au crime. Parce que quand même ce genre de lumière ça éclaire bien, mais dans un four il fait VRAIMENT noir, et donc ça éclaire pas très loin, juste pour voir la route devant les roues quoi. Et hier soir je roulais à toute barzingue, pressée de rentrer, contente que ma visiste ce soit bien passée, et quand elle passe au milieu du sous bois la piste est plane, donc j'accélère, et là, d'un seul coup, l'angoisse! Des salamandres partout!!! Des petites, des plus grosses, partout sur la piste! A cause de brouillard et surtout à la faveur de la nuit, eles étaient sorties se balader elles aussi... je me suis retrouvée à faire des slaloms de malade, coups de guidon à droite et à gauche, roulage sur le bas côté, récupération de trajectoire et je m'en sortais bien jusqu'à l'accident. Redressant pour en éviter une, je n'ai pas eu le temps de donner un nouveau coup de guidon, et chlak! j'en ai coupé une en deux, une de belle taille en plus, je lui suis passée en plein milieu, avec les deux roues...

Je n'ai pas osé me retourner pour voir le massacre. L'espace d'une seconde j'ai pensé à m'arrêter pour aller voir, mais imaginant la petite bête éclatée ou même agonisante et moi totalement impuissante je me suis dit que ce n'était même pas la peine. Bon ok ce n'était qu'une salamadre me direz-vous? Mais justement! Les salamandres m'ont toujours fascinées, je trouve ces animaux étranges, un peu comme s'ils détenaient un secret particulier. J'ai toujours imaginé que les salamandres avaient été frappées d'une malédiction, comme dans les contes de Grimm, et que ces étranges petites bêtes savaient des choses pour lesquelles ont les avaient punies, pour qu'elles ne puissent jamais le répéter. Et moi j'en ai coupé une en deux.

J'y ai pensé au moins sur un bon kilomètre, dans le noir, les yeux concentrés sur la langue de goudron devant moi.

Je suis un assassin.

Le lendemain matin, arrivant à l'endroit du crime je m'attendais à être confrontée au corps, mais la nature avait fait son travail et quelques charognards, oiseaux ou rongueurs, avaient du se repêtre du cadavre parce qu'il n'y avait aucune trace.

Aucune.

C'est la loi de la nature. Reste que l'espace d'un instant j'ai eu un doute...

Et si les salamandres étaient vraiment des petites bêtes fantastiques?

1 novembre 2004

Infernal Rainbow

Catégorie: Poésie

Sur ta peau les cicatrices

Que mes yeux suivent pour s'endormir

Longeant ta vie

En appartée

 

Sur ta peau les déchirures

Refermées et blanchies

Les stigmates des pêcheurs

Et les saints n'ont qu'à bien se tenir

 

Il n'y a pas d'ornement plus honnête

Ton appartenance

Les chaînes dessinées

A tes veines

 

Que mes doigts caressent

Tes errances

Mes mauvaises raisons

Pas d'autres confidences que je veuille

 

Sur ta peau ces cicatrices

Nos respirations

Te savoir, les connaître

Les arcs en ciels de l'enfer

 

 

24 août 2004

Cadre idéal

Catégorie: Petits Bonheurs

Aujourd'hui ici il fait plutôt beau, avec un peu de vent, mais aussi du soleil. Du coup j'ai flâné avec mon thé sur le balcon. Et pour ceux qui se le demande, ben de mon balcon, je vois ça...

C'est la cathédrale Saint André, dont la façade a été rénovée y'a pas longtemps, et que je ne me lasse pas de contempler, surtout sur fond de ciel bleu. Ajoutez à ça le cling cling nostalgique du tramway de temps en temps et la clameur des rues passantes au loin, sans oublier surtout le vent dans les feuilles des immenses platanes de la place où est situé mon immeuble, et vous avez le cadre idéal pour une sieste en hamac.

Ben quoi c'est encore les vacances!

17 octobre 2020

Chasseur

Catégorie: Poésie

J'arrache les mâchoires des diables.
Chaque jour que dieu fait, j'arrache les mâchoires des diables. A mains nues. Ceux qui s'en viennent jusqu'à moi. Je les saisis et je les éventre. Et j'arrache leurs mâchoires pour être sûr qu'ils ne parleront plus.
J'arrache les mâchoires des diables.
Chaque jour que dieu fait, pour avoir du courage. Pour me souvenir que je peux. Je vais à leur rencontre, encore, et de chaque main je tiens, et de chaque main je sépare et j'arrache.
J'arrache les mâchoires des diables.
Chaque jour que dieu fait, de l'aube jusqu'au soir, et la nuit encore dans mes rêves. J'arrache les mâchoires des diables et je les sens craquer et venir, se défaire. Je les entends casser et crisser tandis qu'elles lâchent.
J'arrache les mâchoires des diables.
Chaque jour que dieu fait, moi je le fais. J'arrache les mâchoires des diables, encore et encore, sans fin. Méthodiquement. Machinalement. Ils s'avancent et je les saisis. Avant qu'ils ne me saisissent. Je les ouvre en deux.
J'arrache les mâchoires des diables.
Chaque jour que dieu fait, j'arrache les mâchoires des diables. A mains nues. Sans jamais me plaindre. On ne m'a jamais dit qu'on ça pouvait être autrement. Sans doute que ça n'est jamais autrement.
J'arrache les mâchoires des diables.
Chaque jour que dieu fait.
Sinon qui le ferait?

9b1f3ae72acd6809c968066f289ed612
                                                                       Buddhist monk child by unknown

 

30 avril 2020

Sauvetage

Catégorie: Poésie

Ne reste pas, amour
Tout ici est froid
Et distance
Des yeux aguerris
Des résistances
Tout ici est parole
En l'air
Tournoyant si vite
Qu'elles en décapitent
Ceux qui y croient

Ne reste pas, amour
Tout ici est rance
Et plat
Des tablées qui festoient
Qui dansent
Dans l'agonie même
Des âmes
Rampant sous les tables
Déchirées
Par leurs rires creux

Ne reste pas, amour
Car je ne suis pas ici
J'attends ma place
Ailleurs
Tout ici est pauvre
Tranchant
J'ai choisi un coin
Au fond
Au bord de mes yeux
Au cas où je te croiserai
Au cas où
Tu serais resté

52227eaa6fc0f4782e5fe3c24d7a3422
                                                                                   Kid kissing his father at mexican border by Unknown

11 avril 2020

La relève

Catégorie: Poésie

Ton empreinte dans le vent. Quand je respire, je vois les étendards flotter au bout de leur pic. Planté sur les murailles de l'attente, espérant le soleil, le cuir glisse entre mes doigts comme le silence sur la pierre. Qui viendra jusqu'à moi. Main sur le coeur, il n'est pas d'adieu s'il n'y a pas d'absent. J'ai le regard qui court à l'horizon rouge. Sur les lèvres le goût de la nuit presque fraîche déjà. Immobile et plat, le monde s'enferme. Comme je guête le retour.

Qui viendra.

Après moi.

mazagan
                                                                                              Mazagan by Unknown

21 mars 2020

Streets empty

Catégorie: Soundtrack Lyrics

Keep the streets empty for me - Fever ray

Memory comes when memory's old
I am never the first to know
Following the stream up North
Where do people like us float

There is room in my lap
For bruises, asses, handclaps
I will never disappear
For forever, I'll be here

Whispering
Morning, keep the streets empty for me
Morning, keep the streets empty for me

I'm laying down, eating snow
My fur is hot, my tongue is cold
On a bed of spider web
I think of how to change myself

A lot of hope in a one man tent
There's no room for innocence
So take me home before the storm
Velvet mites will keep us warm

Whispering
Morning, keep the streets empty for me
Morning, keep the streets empty for me

Whispering
Morning, keep the streets empty for me
Morning, keep the streets empty for me

Uncover our heads and reveal our souls
We were hungry before we were born

Uncover our heads and reveal our souls
We were hungry before we were born

Uncover our heads and reveal our souls
We were hungry before we were born

Uncover our heads and reveal our souls
We were hungry before we were born

https://www.youtube.com/watch?v=jWFb5z3kUSQ

82257be359fa2e7ae216d3aed44161d1
                                                                     Flowartstation by Adrian Wojtas

11 mars 2020

Osmose

Catégorie: Poésie

J'irai cueillir ton corps
Et je l'enroulerai dans l'aurore
Pour m'en souvenir
Parfaitement

Aussi défini que l'horizon de sable
A la lumière orange

Une ligne de vie
Oscillant en mirage

J'irai cueillir ton corps
Et je m'enroulerai dans ta chair
Dans cette odeur
Palpable

Aussi chaud que la pierre
Sous ma main

Une seconde suspendue
En retrait

J'irai cueillir ton corps
Comme tu viendras au mien
Fixant la peau
A peau

Aussi sûr que le monde est entier
Autour de nous

930c065248bf431488927ce94fa7e94fbis
                                                                                    Sunset walk by Unknwon

25 février 2020

Hors corps

Catégorie: Poésie

J'ai pas le coeur du bon côté
Je sais pas chercher
Si quelque chose bat
C'est ma peine

Cage thoracique pleine
De vide
Y'a que du sang
Des absents

J'ai pas le coeur du bon côté
Pas de penchant
Et si je verse tout
C'est rouge béant

Hoquet et contrecoup
Arquant
Les côtes flottantes
Et bourdonnant

L'orgue joue l'entrée
J'enchaîne mes veines
A grands coups d'harmonies
Assassines

J'ai pas le coeur du bon côté
Tambour battant
J'ai tué
Des litres de respiration

Corps mort et répendu
Inerte de supplication
Je désarticule et expose
L'objet vain

Vidé de sens et de chaleur
Je bas la chamade
D'un requiem tiède et refluant
Puant

Je ramasse la chair en tas
Sonne le glas
Et tombe le rideau
Car je n'ai pas le coeur du bon côté

Yamamoto Takato
                                       Transformation of a sanctuary by Yamamoto Takato

14 août 2019

Infernal

Catégorie: Poésie

J'ai mangé la terre
Et personne pour m'arrêter
Crois tu qu'aujourd'hui
Tu sois assez grand pour venir jusqu'à moi?

Quand j'ai vendu le ciel
Personne pour me reprendre
Alors crois tu qu'aujourd'hui
Tu sois assez grand pour venir jusqu'à moi?

J'ai plié l'horizon
Arraché les eaux
Personne pour me tuer

Crois tu qu'aujourd'hui
Tu sois assez grand pour venir jusqu'à moi?

Certainement pas

cloak of conscience by Anna Chromy
Cloak of conscience by Anna Chromy

27 décembre 2019

Ton nom

Catégorie: Poésie

J'ai hurlé face à la tempête
Plus fort que le vent
Plus fort que les trombes d'eau
Plus fort que la peine
J'ai hurlé dans ce chaos

J'ai hurlé ton nom

J'ai hurlé nos terreurs
Plus fortes que le vent
Plus fortes que mes veines
Plus fortes que la vie
Debout dans ce tumulte
Tournoyant et sifflant
J'ai hurlé face à ton absence

J'ai hurlé

Parce que je t'avais cherché
Et que la tempête m'a trouvée
Rien que du vent méchant
Et de l'eau glacée
Quand je voulais tes bras
Ta peau et ton odeur

Alors j'ai hurlé

J'ai hurlé face à la tempête
Plus fort que le manque
Plus fort que la douleur
Plus fort que ce désespoir

J'ai hurlé ton nom

Comme une revanche
Comme une bravade
Pour dire que même ici
Dans le hurlement du monde
Je peux hurler plus fort

Si je hurle ton nom.

32c9df0f04a240f6002a6b1a36206620
                                                                                                                                     Embrase by Unknown

4 décembre 2019

Messager nocturne

Catégorie: Petits bonheurs

Cette nuit j'ai fait un rêve étrange, le genre de rêve qui ne reprend rien du quotidien, qui a l'air complètement fantastique. Ils sont rares, et il est encore plus rare de s'en souvenir aussi bien. J'aime croire que ce genre de rêve est puissant, prémonitoire ou tout du moins indicatif...

Je suis dans un vieux bâtiments, je me retrouve à grimper sur un tas d'objet emplilé pour pouvoir atteindre le grenier, je grimpe, je grimpe à n'en plus finir sur ce tas d'objets immense que je sens s'écrouler sous mes pieds ou fur à mesure que je progresse. Je dois aller vite pour ne pas être emportée, mais je me sens forte, c'est comme si j'avais toujours fait ça. Il ne faut pas réfléchir, il faut s'accrocher et sauter, et finalement j'arrive au sommet alerte et sans trop comprendre. Je suis rendue tout en haut et au dessus de moi la petite trappe du grenier. Alors que je m'appreête à y passer la tête, un cri strident de bête... et un bébé chouette me tombe dessus. Je le recueille contre moi tandis que d'autres cris perçants retentissent... C'est sans doute l'affolement chez ses frères et soeurs mais je perçois un cri plus fort et violent que les autres, sans conteste celui d'un adulte. Etrangement les cris sont incroyables mais je n'ai pas peur, je veux juste remettre le petit le plus rapidement possible dans son nid. Alors que je m'apprête à grimper dans le grenier pour le faire, quelque chose fonce sur moi, me tourne autour et d'un coup j'ai une énorme créature accrochée dans mon dos, un hibou immense et magnifique, son bec dépassant sur ma tempe, je sens ses ailes grandes ouvertes. Je comprends que c'est l'adulte que j'entendais, mère ou père je ne sais pas, mais il est énorme et puissant, presque aussi grand que moi, et je sens ses serres plantées dans mon dos. Je ne bouge plus. Je n'ai pas mal. Un temps il reste lui aussi immobile, je l'entend juste chuiter doucement à mon oreille tandis que je tiens toujours le petit, comme s'il attendait de voir ce que je vais faire. Alors je lui parle, je lui dis que je vais juste le remettre dans son nid et je tends les bras pour déposer le petit dans le grenier. A peine l'ai-je posé que la créature s'arrache de moi, je sens cette arrachement mais là encore ce n'est pas douloureux. Et elle disparait. Je me frotte alors le dos pour voir si je suis blessée et sous mes doigts je sens que les pattes de la créature ont laissé des empruntes profondes dans ma chair, avec quelque chose de collé dedans, quelque chose de solide qui se décolle quand je gratte un peu. Ce sont des éclats d'or, de longs fragments éfilés qui viennent par morceaux...

A aucun moment dans ce rêve je n'ai eu peur ou mal. Alors même que l'ambiance était angoissante, oppressante.

Je ne me fis pas aux interprétations des rêves via google, et je crois moyennement à l'existence de symboliques généralisées pour ces choses là. Je préfère me fier à ce que ces symboles représentent pour moi. 

Du coup je trouve ce rêve très positif, c'est de l'espoir. Je ne sais pas trop comment je dois le traduire et honnêtement je ne pose pas vraiment la question. Je n'en ressens pas le besoin, car j'ai l'impression que quelque chose à l'intérieur de moi à qui cela s'adressait a déjà compris. Pas besoin d'intellectualiser. Je prefère garder cette impression qu'il m'a fait. Une impression de révélation, d'accomplissement, de me remplir de ce qui me manquait.

Alors oui c'était peut être juste un rêve.

Mais je sais qu'il y a une partie de moi qui a bien reçu ce message.

62def6e5d3dec8377e49ca2138ae5ec7
                                                                                                                                   Great grey owl by Unknown

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>
In my Pocket
Publicité
Publicité