Spiritualité et croyances
03.03.13

Révélation

Catégorie: Bright Side

Du confin des mondes, sais-tu mon nom? As tu jamais entendu prononcer ce souffle, respirer cet espace, assez pour me reconnaître ici? Du confin des mondes, sais-tu vraiment? As-tu jamais senti jouer sous ta peau des lames de vent et leurs prairie ouvertes ailleurs, au point même de t'y confondre quand le bruit vient à cesser au soir et te dilue inexorablement comme les tâches d'encre s'étoilant sur le parchemin des corps absurdes? N'as-tu jamais vraiment douté quand l'eau s'aliène avec la nuit, douter qu'une fois elle puisse s'écarter de l'horizon pour remonter jusqu'au ciel en une pente incurvée et flagrante? Que tu puisses y glisser des espoirs perdus et des mots d'amour, les confier à cette ligne courbe qui les aurait bercé en mon creux jusqu'à ce que tu reviennes de ce voyage imminent? Des confins du monde, n'as tu jamais revu le visage de ceux qui t'avaient parlé de moi, qui t'avaient dit tant d'histoires du bout de leur bâton et de leurs yeux miroirs, n'as tu jamais cessé d'attendre ce retour, ce sourire? Du confin des mondes, sais-tu comment se plient les regrets quand on les arrose de pluie et de cendres, comment ils fuient et meurrent à la lumière des crêtes enneigées? As-tu jamais surpris cet appel, celui qui remonte du fond et que les surfaces n'atteignent jamais? Des confins du monde, as-tu jamais eu peur de ne pas me savoir, de ne pas m'atteindre ou me reconnaître? Car je te le dis, tu m'as déjà su, il y a longtemps. Avant même de t'en souvenir. Et mon souffle jadis a fait de ton attente ce parcours imprécis et lourd, destiné. C'est titubant que je te retrouverai, quand tu auras appelé tellement que tes os seront rompus et ta peau marquée de la folie des forcenés, à bout d'une voix qui n'est qu'à moi, que je viendrai alors te reprendre. Et te délivrant, je te demanderai, depuis les confins du monde:
Sais-tu mon nom?
Sais-tu ma puissance et ma grâce?
Assez pour me reconnaître?

Witness_Mathare
                                                  Witness by Unknown

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10.08.09

Inch'Allah

Catégorie: Esprit, es-tu là?

"Où étais-tu quand je fondais la terre? Dis-le, si tu as de l'intelligence.
Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu? Ou qui a étendu sur elle le cordeau?
Sur quoi ses bases sont-elles appuyées? Ou qui en a posé la pierre angulaire,
Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse,
Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie?
Qui a fermé la mer avec des portes, quand elle s'élança du sein maternel;
Quand je fis de la nuée son vêtement, et de l'obscurité ses langes;
Quand je lui imposai ma loi, et que je lui mis des barrières et des portes;
Quand je dis: Tu viendras jusqu'ici, tu n'iras pas au delà; ici s'arrêtera l'orgueil de tes flots?
Depuis que tu existes, as-tu commandé au matin? As-tu montré sa place à l'aurore,
Pour qu'elle saisisse les extrémités de la terre, et que les méchants en soient secoués;
Pour que la terre se transforme comme l'argile qui reçoit une empreinte,
Et qu'elle soit parée comme d'un vêtement; 
Pour que les méchants soient privés de leur lumière, et que le bras qui se lève soit brisé?
As-tu pénétré jusqu'aux sources de la mer? T'es-tu promené dans les profondeurs de l'abîme? 
Les portes de la mort t'ont-elles été ouvertes? As-tu vu les portes de l'ombre de la mort? 
As-tu embrassé du regard l'étendue de la terre? Parle, si tu sais toutes ces choses. 
Où est le chemin qui conduit au séjour de la lumière? Et les ténèbres, où ont-elles leur demeure? 
Peux-tu les saisir à leur limite, et connaître les sentiers de leur habitation? 
Tu le sais, car alors tu étais né, et le nombre de tes jours est grand!"

Job 38

Being_Protected
                                                                Being protected by Tuan Trinh

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22.03.09

L'aurore

Catégorie: Esprit, es-tu là?

Au coeur de la ville, dans ce monde minéral et froid de bitume, de béton, de pierre, de rues droites, de bâtiments abruptes, d'images omniprésentes, dans ce monde pressé, urgent, exangue, continuellement en mouvement, saturé de bruit, aux visages fermés, aux yeux ailleurs, il est si simple, si simple de reconnaître Dieu. La moindre trace de lui, le moindre signe, est évident. J'avais pris l'habitude de voir chacun de ces signes, si infimes, si anodins bien souvent, mais tellement clair, tellement évident oui. je m'étais habitudée à cette présence, à sa précense, partout, à tout moment.

Et puis quand j'ai emménagé ici à la campagne, tout n'était plus si évident. A tel point que les signes auxquels j'étais habitués avaient carrément disparus. J'attendais d'être cueillie par eux, comme je l'étais quand je vivais en ville, mais plus rien. Plus aucune évidence. La présence familière et continuelle de Dieu semblait s'être tarie. Comme si la conversation avait été coupée. Et puis j'ai laissé tomber. C'était comme de regarder par une fenêtre à guetter une chose qui ne venait jamais. Au bout d'un moment on se lasse. On oublie. J'ai continué ma vie ne me disant que finalement cette façon que j'avais de communiquer avec Dieu, ce lien, que tout ça faisait peut être partie d'une page définitivement tournée. Pas que j'ai cessé de croire en Dieu, non, juste que ce serait différent. Peut être juste parce qu'il estimait que je n'avais plus besoin de sa présence continuelle, peut être juste qu'il m'avait accompagné jusque là, et que je devais faire le reste toute seule.

Pourtant je le sais bien. Chaque fois qu'il efface le tableau, chaque fois qu'il remet tout à blanc, c'est toujours pour revenir ensuite, encore renforcé, encore plus évident. Chaque fois qu'il se tait, chaque fois qu'il tourne le dos, je l'oublie d'abord, je le laisse de côté moi aussi. Parfois c'est même un soulagement, une liberté retrouvée. Mais son silence amplifie sa présence, de telle sorte que son mutisme devient un poids, à tel point que je me mets à le guetter de nouveau, que de nouveau je le cherche, vraiment, de toute mon âme. Jusqu'à ce que ça en devienne douloureux, jusqu'à ce que ça en devienne vital. Jusqu'à ce que je sois tellement prête à l'écouter que j'en retiens mon souffle intérieurement, des jours entiers. Comme un traversée du désert. Et quand de nouveau il me parle, j'entends sa parole, encore plus claire, si évidente. Elle m'atteind chaque fois plus profond, et c'est chaque fois un bonheur indicible. Un soulagement, une bénédiction. Une révélation. C'est comme de toucher la terre promise.   

J'avais appris à voir ses signes au coeur de la ville. C'était si facile. Mais ici, au coeur de la campagne, il avait décidé de se taire, histoire de me donner une leçon. De me faire entendre sa parole, fort et clair. Il s'est tu longtemps, très longtemps, jusqu'à ce que ça fasse mal. Jusqu'à ce que j'appelle, vraiment, du fond de mon âme, avec toute l'humilité et la sincérité qu'on peut avoir dans ces moments là. Et comme il sait si bien le faire, alors il m'est apparu. Aussi grand qu'il est, dans la splendeur de sa gloire. Avec cette puissance, paisible, comme la campagne, il s'est de nouveau révéler à mon coeur.

Et je sais aujourd'hui qu'il est partout. Pas seulement dans les signes, que je perçois de nouveau, si nombreux. Non, pas seulement là. Il est là, partout, d'une façon qu'il est impossible de décrire. Et je suis reconnaissante pour les signes, parce qu'ils sont comme des sourires, parce qu'ils me font sourire moi en retour, parce que c'est comme être frôlée du bout des doigts par un être cher qui serait loin. Mais au delà des signes, je suis encore plus reconnaissante pour cette nouvelle présence, cette nouvelle évidence. De cet amour encore plus puissant. Reconnaissante aussi que ça puisse aller encore plus loin, que l'histoire ne soit pas finie, et qu'il y ait un amour encore plus grand à venir, encore. Une promesse si sûre. L'alliance renouvellée. 

Car où que je regarde, je te vois. Et quand je ferme les yeux, je te sens.

Je vais de nouveau dans ta lumière. 

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19.03.09

Scission

Catégorie: Esprit, es-tu là?

Ce que tu dis
N’a pas son visage,
Et moi,
Ce sont ses yeux que je cherche.

Ce que tu signes
N’a pas son corps,
Et moi,
C’est son ombre qui me suit.

Ce que tu vends
N’a pas de prix,
Et moi,
C’est son offrande qui me sauve.

Ce que tu dis
N’a pas de sens,
Et moi,
Ce sont ses mots qui me traversent.

Va donc en silence,
Car tu n’es pas sa parole.
Rends-lui ta couronne.

Rends-lui sa couronne.

March1308pentitentialservice3a
                                            Pope Benoit XVI in procesion by Unknown

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17.11.06

La voix de mon maître

Catégorie: Esprit, es-tu là?

T'as raison, tu me connais, le reste on s'en fout. T'as raison, les soleils, les jours de pluie au fond du lit, monologues et vent de face, le pincement au cœur, le voile noir, les sortilèges au bout des doigts, tout ça tu sais, et le reste on s'en fout. Le cœur des poètes, la morgue qui sert à parer toute la peine, quand je te flingue c'est bien que je te cherche, et putain quand tu balayes tout ça comme ça fait du bien. J'suis qu'une petite conne qui braille et qui trépigne, tu me connais, tu sais que si je braille c'est encore après toi. Tu bouges pas souvent, t'as raison. Parce que si tu bougeais de trop je finirais par avoir mal au cœur. Quand ton immobilité est le rocher qui cale mon océan. Mon horizon. Peut importe ce qu'ils disent. Ils peuvent avoir les mots, ils peuvent avoir les livres. A mon cœur d'enfant, tu n'es que l'horizon. T'as raison. Et le reste, on s'en fout.

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16.11.06

Menteuse

Catégorie: Esprit, es-tu là?

Vas-y fous le camp, vas-y j'écoute même pas tes mensonges, même pas que ça me fait mal. J'men fous, aller dégage. Non mais c'est bon même pas je t'entends, même pas, je veux même pas, c'est bon, tais toi, tais toi et sors, sors d'ici. Vas-y dégage. Même pas que j'ai peur, même pas que je sui énervée, de toute façon c'est toujours pareil, alors vas-y fous le camp, j'entends rien, j'écoute même plus, blablabla c'est ça allez dehors, sors d'ici, dehors, fais pas chier j'te dis, dégage. Même pas que j'y crois, c'est ça, vas-t-en, fous le camp, rien à foutre. Même pas que je suis à toi, branleur. C'est bon aller dégage! Casse toi, même pas que je t'écoute, même pas que tu vas me manquer. Dehors, vas-y aller, bouge, ras le bol de tes conneries, même pas que j'y crois. Fous le camp, vas-y, même pas que j'ai peur. Même pas.

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Ne me touche pas!

Catégorie: Esprit, es-tu là?

J'ai connu des silences, mais aucun si bruyant. Qui me colle mal au cœur. Des silences épais à vous couper le corps, jamais comme celui là. A vous couper à tord, qui me passe au travers, m'implose. Je connais tes silences, et je ne les aime pas. Celui là tu le gonfles juste pour qu'il m'étouffe. A quoi tu joues? Je ne bougerais pas. Tête de bois. Et même si ça me ronge, j'ignore, j'ignore cette absence si lourde, quand tu remplis les pièces autour de moi. Et mon coeur triste. Je ne te comprends pas. J'ai connu tes replis, tes mises à l'écart, mais celle là me fatigue. A quoi tu joues? Je ne veux pas savoir. J'en ai posé des questions, jamais tu ne réponds. Si j'avais des couilles, je dirais va au diable. Ou bien j'irai moi.


Ca te ferait les pieds.

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11.04.04

Ma Pâques

Catégorie: Vie privée

Un Christ les bras levés au ciel, comme en acclamation, comme une victoire. Parce que je le regarde la tête à l'envers, dans les halos de lumière blanche et violette, dans la pénombre. Un Christ vainqueur offrant le monde. Et à la radio une chanson de Clapton.

"If I could change the world,
I would be the sunlight in your universe.
You would think my love was really something good,
Baby if I could change the world."

Parce que d'un seul coup je me suis sentie mieux. Parce que d'un seul coup le reste n'avait plus d'importance, et que rien n'était grave.

Merci pour la Pâques.

Et puis juste après la dernière chanson de Cabrel. Merci pour tout.

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