Mon côté obscur
12.09.13

Trou noir

Catégorie: Darkside

De tous les soleils que j’ai éteints, pas un n’était pour moi. Et de tous les soleils que j’ai éteints, pas un n’était droit. De tous les soleils que j’ai fuis, pas un n’était pour moi. Et de tous les soleils que j’ai pris, pas un n’était pour moi. De tous les soleils que j’ai avalés, pas un n’était pour moi. Et de tous les soleils qui m’ont tuée, pas un n’était droit. De tous les soleils sur leur chemin de sel, pas un qui ne m’ait regardée, pas un qui ne m’ait vue. Et de tous les soleils qui ont brûlé mes terres, ravageant mes récoltes toujours avant les moissons, pas un qui n’était vivant.

De tous les soleils que j’ai éteints, j’ai gardé une trace. Et de tous les soleils que j’ai éteints,  j’ai gardé une place. Vide. Et noire. De tous les soleils qui m’ont traversée, j’ai gardé une trace. Et de tous les soleils que j’ai crachés, j’ai gardé une lame. De tous les soleils que j’ai arrachés, qui m’ont arrachée, j’ai gardé un secret.

Que les soleils ne brillent pas. Ils aspirent.

Et de tous les soleils que j’ai affrontés, pas un n’était pour moi.

Car aucun n’était vrai.

by Víctor Caudoro Rojas
                                         By Unknown

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03.03.12

Ici bas

Catégorie: Dark Side

Je n'ai pas la force de porter la terre, aucun homme n'est fait pour porter la terre. Et le souffle du monde est si fort dans mes poumons qu'il m'étouffe, lentement. A force de rester debout au bord du gouffre, le temps finit par devenir une sorte d'oubli, une attention qui ne tient plus, une anecdote. On ne regarde plus que le fond, ou l'horizon, ou les deux qui se fondent l'un dans l'autre pour ne devenir juste qu'un flou gênant, une sorte d'erreur, d'aberration qui vous hypnotise, et vous happe. Je n'ai rien voulu de cette folie, de ces questions qui m'entourent comme nuée de mouches et d'or. Je n'ai rien voulu de tout ce bruit et de tout ce silence qui s'alterne comme on berce les enfants qui font leurs dents, en vain. Pas de sens à ces heurts, à ces malheurs, à ce besoin de hurler qui ne vient pas, ou trop peut être, et que je finis par ne plus pouvoir distinguer au milieu de toutes l’eau qui coule à l’intérieur de mes veines. C'est dedans que tout se joue, c'est dedans et c'est comme de regarder au bord du gouffre le plus vertigineux du monde. Personne n'est fait pour porter le monde, alors pourquoi est-il à l’intérieur de nous ? Je finirai presque par arracher ce corps pour en sortir, pour faire sortir ce qu'il y a vraiment dedans, pris dans la peau, pris dans les nefs comme dans une pelote de fils effilés, éméchés, atrophiée. Je devrais pouvoir, je devrais penser, je devrais. Mais c'est comme une transe, une absence, une obligation furieuse et insensée de regarder en bas, de se figer en tout, face au monde, et juste d'attendre qu'on ouvre la porte. J'ai trop de raisons, trop de mots, trop de souffle courts, trop de peurs et d'horreur pour remplir ce vide. Trop de choses me sont passées à travers, emportant des morceaux de moi chaque fois, m’émiettant, me fragmentant, tellement que je ne suis plus assez entière pour être sereine, pour être vraiment vivante. J'ai su, j'ai su et ceux qui savent ne restent pas là, ils ne restent pas heureux, ils ne peuvent pas être ici comme on le serait si on était enfant. On finit par se morfondre, par vouloir retourner au delà, sortir de ce cube, de cette sensation vertigineuse et atroce d'étouffement, de contrition, de confinement. A l'intérieur il y a du vent, dehors il y a du vent. Et si je n'ai pas la force de porter la terre c'est sûrement parce que j'ai trop pensé à tout ça, que mes pieds ont saigné sur trop de chemins secs et inutiles, et que tous les cris coincés en travers de mon corps ont fini par le couper, net. Il faut être entier pour porter le monde. Il faut être un titan pour porter le monde. Il faut être. Je n'existe pas moi, je ne suis pas. Que dans une existence brumeuse, volatile et insignifiante, ridiculement abstraite. Aucun homme n'est fait pour porter la terre. Pour ça, il ne faudrait avoir ni corps ni vertige. Pas de poumons ni de vie pour hurler. Il faudrait être vraiment vivant. De cette vie là bas. J'ai trop de tord, et trop de torture. J'ai trop d'envie, à force de fixer le vide en bas à l'intérieur de moi. J'ai trop d'attente.
Ainsi je n'ai pas la force de porter le monde.
Mais je n'ai pas le choix.

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                    Cambodian Tree by Unknown

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03.04.11

Titan

Catégorie: Dark Side

Je sais me battre. J’ai jamais appris, mais je sais me battre. Et je crache à la gueule de ceux qui diront le contraire. Ceux qui cause du monde comme si c’était à eux, ceux qui savent mieux, qui savent plus, ceux qui cause de vous comme si vous étiez pas là, comme si vous étiez dégénéré, assisté, retardé, ou juste insignifiant. Tout simplement insignifiant. Je sais me battre. Et je crache à la gueule de ceux qui diront que j’ai pas le droit. Ceux qui se battent pas, qui discutent, argumentent, reformulent et vous enfument. J’enfume personne moi, je cogne. J’allume. Je gueule. Et j’encaisse. Parce que je sais me battre. J’ai jamais appris, mais je sais me battre. Et j’emmerde ceux qui disent que c’est pas bien, que c’est pas comme ça, qu’il faut s’asseoir, qu’il faut être gentil, poli, patient, et correct, surtout correct. Moi je cogne, et j’encaisse. J’ai perdu mes ou j’en ai jamais eues. Je sais pas me tenir, je sais pas attendre, croiser les bras, laisser faire, se laisser prendre. Je suis pas d’accord moi, qu’on m’attache aux pattes, au piquet, qu’on me note, qu’on me fractionne et qu’on m’actionne. Je sais me battre. J’ai jamais appris, mais je sais me battre. Parce qu’il a bien fallu. Et je crache à la gueule de ceux qui n’ont jamais eu à survivre. Ceux qui voient la vie passer depuis leur salon bicolore, qui comprennent tout et qui gèrent, conscients de leur remarquable supériorité. Moi je sais me battre. Et je crache à la gueule de ceux qui me jugent pour ça. Ceux qui pensent à ce qui serait mieux pour moi, qui se tiennent droits et propres, qui posent leurs mots dans les cases comme à la parade, et qui sourient après. Comme si vous étiez pauvre, vilain, rebutant et inutile, ou juste insignifiant. Tout simplement insignifiant. Je sais me battre moi. Même si c’est tout ce que j’ai, au moins je sais me battre. Et je crache à la gueule de ceux qui diront que j’ai pas le droit. Parce que j’ai pas le choix. Et qu’un jour ceux là ne l’auront pas non plus. 

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                                Bassin du Titan Encélade by Yann Arthus-Bertrand

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26.12.10

Abattoir

Catégorie: Dark Side

Rester debout. Même pas vivant. Juste debout. Pour tout le noir de la terre, pour tout le sang qui s'échappe. Rester debout. Pas vivant. Juste debout. Pour toute cette haine qui se contient dans sa gangue muette, forcenée décharnée aux vents des plaines suintantes. Pour toutes les luttes, vaines, malsaines, qui ne vomissent que plus de terreur et de frustration. Pour tout ce qu'on a volé, menti, torché. Pour tout ce qui manque. Rester debout. Même pas vivant juste debout. Pour tous ses hoquetements bouillonnants et cradingues, la pourriture à mes semelles, accrochée à mes doigts, les cordelettes de toutes les fautes qu'on expurges, qu'on expie, pour tout ce qui ne se dit pas et se plante, se saigne, se signe. Pour toute les heures qu'on effondre et qu'on effrite, comme les corps, comme les mots, égrennées comme les ossements des petits dieux sacrifiés aux autels des envies obsènnes. Rester debout. Même pas vivant. Et qu'aucune douleur ne puisse prendre place à l'endroit creux des tranchées ravinées dans ma chair, qu'aucunes plaintes ne puissent être entendues autres que le craquement froid des ruines d'une existence qui se décharne comme on pourrit en terre. Rester debout. Debout comme seule victoire, seule action honnête, valable, vaillante. Debout comme seule réponse, quand c'est tout ce qui reste dans le chaos verdatre et puant des eaux sillonantes et putrides s'échappant par les canaux de cités étrangères. Face au vide, à l'abyme, à l'absence, en de stupides et misérables comisérations, être contracté et contractant, jusqu'à se morceler et voir éclater le verre aux creux des paumes. Rester debout. Même pas vivant. Juste debout. A l'extrême confin de la réalité atroce et dévorante, observateur impuissant et absurde agonisant dans un silence policé. Quand explose les lumières des existences rapides jusqu'à eclabousser de couleurs et de feu ceux qui en meurrent de faim, être juste incapable de retenir le lien, de tisser l'attache, laisser glisser la sécurité et abandonner l'horreur en de vifs regrets effilés échardants. Et juste rester debout.

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                                                                                     Abattoir by Unknown

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20.10.10

Poussière

Catégorie: Dark Side

De la poudre. Il n'en reste que ça. De la poudre aux yeux. De la cendre. Et à force de tourner, en faire des montagnes. De la poudre à farder, à fardeau. Celle que l'on porte au coeur, explosive. De la poudre en sucre, en stock. De la poudre, pour suivre la ligne, fendre la foule. De la poudre, à en rire. Des paillettes volages. De la poudre d'encre, pigment de défragmentation. De la poudre, et à force de tourner, en faire des tempêtes. De la poudre du temps, des miettes, égnener, gangrener. De la poudre, rien que de la poudre, à souffler, pour disparaître. De la poudre d'escampette. De la poudre à dissoudre, à dix sous. Que l'on vend. De la poudre de sel, pour figer. Du ciment. De la poudre de serment. Sur le pistes. Du vent. De la poudre. Et à force de tourner, en faire des étincelles. Mettre le feu aux poudres. Réduire en cendres. De la poudre. Qu'il n'en reste que de la poudre.

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                                              Dust Bowl Dallas, by Unknown

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05.05.10

Sorcier

Catégorie: Dark Side

Que si je martèle la terre s’en lèvent mes légions, pour venir au jour hurler leurs crocs et leurs grimaces ; qu’elles s’en lèvent plus fortes, avides et folles, les damnées des mondes, celles qui ne parlent pas, celles qui coulent le long des ombres, qui vrillent, qui en arrachent aux cœurs, ces ères, maudites, décharnées, le sang aux lèvres, que si je martèle la terre je les fasse venir, toutes, en de mauvaises hordes enragées et en fièvre, déferlantes, chaotiques, suintant leurs féroces envies comme des plaies béantes, abreuvant les sillons de leurs griffures sales par des torrents de cendres ; que si je martèle la terre elles s’éveillent, qu’elles entendent cet appel et s’en retournent vers moi, traînant leurs grognements et ces odeurs de soufre, cette puanteur pourrissant leurs entrailles, qu’elles rampent, terrifiantes et tournantes, humiliées, prisonnières, levant leurs carcasses crissantes, hystériques, aveugles ; que si je martèle la terre elles entendent mon âme, et qu’elles me rejoignent, rugissantes, pour me faire un manteau. De toute l’horreur de leurs êtres, qu’elles m’habillent, qu’elles me parent ; que si je martèle la terre elles se reconnaissent, et de toutes leurs fureurs qu’elles m’honorent. Qu’elles se glissent sur ma peau, que leurs visages hurlants deviennent des écailles, miroir des terreurs luisant comme des yeux.
Et dans le noir froid des abysses tranchants jusqu’aux déserts clos, dans ces silences morts, si je martèle la terre s’en lèvent mes légions. Celles faites pour vaincre, qui terrorisent le mal.

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                             Jeunes danseuses Guéré, Côte d'Ivoire

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31.08.09

Aliénation

Catégorie: DarkSide

Je voudrais qu’on me rende ma vie. La vie que j’aurai du avoir. La vie que j’ai ratée. Celle que j’ai laissée, quelque part, dans un virage, avant, sans comprendre. Celle qui m’a échappée peut être. Je voudrais qu’on me rende ma vie, celle qui me revient de droit, celle qui aurait du être mienne. Celle qu’on m’a prise, que je n’ai jamais eue. Et tout ce qu’on m’a pris avec. Tout ce qui est à moi, que je n’ai même pas perdu. Que je n’ai même pas vu. Je voudrais qu’on me rende tout. Etre celle que j’aurais du être. Qu’on sèche là cette injustice et qu’on me rende ma vie, celle qui m’avait été promise. Qu’on a brûlé. Cette vie, celle que je portais avant. Qu’on ferme mes blessures, bannissant la folie et la peur, et qu’à leurs places, on me rende ma vie.

Je voudrais juste qu’on me rende ma vie.

singe
                                Singe by Unknown

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10.08.09

Héros

Catégorie: Dark Side

Muselés par la raison. Pour avancer parfois, il faut oublier, ignorer la blessure suintante, il faut faire comme si, comme si le corps n’était pas ouvert en deux, béant, mourant, se vidant de son sang, de sa bile avec autant de facilité qu’on retourne une poche, un gant. Pour avancer parfois il faut bâillonner, les cris, la rage, bâillonner la douleur, entre nos mâchoires serrées, retenir la haine, faire comme si, comme si les os ne nous perçaient pas la chair, comme si nos orbites n’étaient pas vidés de nos yeux, comme si les liquides blanchâtres, rougeâtres, coulant des plaies, de tous nos orifices, comme si tout ça n’existait pas, comme si nous ne sentions pas nos corps à vif, la peau en lambeau trainant loin de nous, le bouillon de nos entrailles, de nos cervelles dehors qu’on essaie de retenir désespérément à l’intérieur de leurs cavités sans pouvoir y arriver. Pour avancer parfois, il faut juste avancer, sans réfléchir à tout ce qu’on laisse derrière nous, ce qui s’arrache, ce qui va finir par nous tuer. Il faut faire comme si, comme si on ne voyait pas les trainés rouges dans la neige, les morceaux qui se détachent, ce qui nous quitte, ce qui nous fuit et qui ne devrait pas. Il faut faire comme si on ne sentait pas le transpercement aigu de cette torture, faire comme si rien n’était grave, juste une égratignure, un mauvais moment, quelque chose qu’on oubliera, dont on rira. Et quand bien même nous saurions que cet émiettement morbide et pourrissant signe notre fin, quand bien même à l’intérieur de notre tête le battement sourd de notre cœur horrifié et fou nous dirait ça, nous hurlerait son alarme urgente devant cette condamnation dévorante, pour avancer parfois il faut oublier, ignorer. Comme si de rien n’était. Muselés par la raison. Dans sa froide et terrible ganse, tenir son esprit tellement droit, tellement rigide, déterminé. Sourd. Pour avancer, parfois, il faut être diablement raisonnable. Avancer. Comme si la seule gloire encore à portée de nos doigts tremblants était celle là. Ne pas se rendre, ne pas se laisser faire. Avancer. Jusqu’à ne plus pouvoir expirer l’air coincé dans nos poumons, qu’il se heurte à nos dents serrées, que son râle soit grave, sifflant, furieux. Jusqu’à ne vraiment plus pouvoir. Jusqu’à ce que nos corps se contractent, se crispent et s’écroulent, nous clouant là, ouverts, vidés. Avancer. Jusque là, avancer. Que les yeux rivés au ciel, aussi béant que soient nos dépouilles, nous n’ayons qu’une pensée, celle d’avoir été jusqu’au bout. Même blessés, en charpie, éventrés, agonisants, avoir été jusqu’au bout. Muselés par la raison, oublier que nous sommes mortels, oublier que nous sommes mourants, et avancer. Que nous n’ayons enfin qu’une seule et dernière fierté. Celle de n’avoir rien cédé. Et surtout pas nos vies.

maxlaclaireau0666
                                              Hommage by Sylvain Dessi

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26.02.09

Trauma

Catégorie: Dark Side

J’ai guetté l’horizon, longtemps,
Les yeux pleurant de froid,
Fixe, en oubliant de respirer, parfois,
Quand quelque chose bougeait.
J’ai guetté l’horizon, debout
Sans être préparé,
Juste parce que c’était venu de là,
Juste
Parce que c’était venu de là.

J’ai guetté l’horizon, sans fin
Crispé, hors de la vie,
En sursis, accroché comme pendu
A cette ligne droite,
A ce gouffre, béant.
J’ai guetté l’horizon, longtemps,
Dans ce corps trop petit
Dont j’étais prisonnier,
La peur coulant
En sang noir épais,
Etouffant, m’égorgeant.
J’ai guetté l’horizon,
J’ai attendu
Que revienne l’horreur,
Comme elle était venue
Avant.
J’ai guetté l’horizon, amputé,
Muet.

J’ai guetté l’horizon, longtemps,
Statue de peau,
Implorant à l’intérieur.

Je guette l’horizon.
Debout,
Détruit.
Survivant.

bis_by_pedro_inacio
                                                    Bis by Pedro Inacio

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27.11.08

Impression

Catégorie: Dark Side

Si je pouvais, je me déferais de tout ici, comme on arrache l’arbre à la terre, je m’arracherai à ce monde d’homme, que rien de me retienne, que rien ne soit à moi ni pour moi, que rien ne me parle, je m’arracherai à tous ces sentiments, à tous ces visages, qu’aucun ne me soit familier, que je ne puisse en regretter aucun, je m’arracherai à tous ces projets, ces futurs, ces envies, qui vrillent mes yeux et me soulèvent le cœur, que rien ne m’empêche, que rien ne m’attache, que je ne sois plus qu’une pensée, qu’un souvenir presque, si je pouvais, je ne serai que le souffle de mon existence déjà, plus rien que le souffle et la poussière, que le vent disperserait sur la terre, comme on rend les armes, comme on rend l’arbre à sa terre. Si je pouvais, je me déferais de tout ici, puisque tout est lourd et que tout m’est étranger. Je m’arracherai à ce monde, pour n’être plus que de la poussière, du vent, de la lumière. Si je pouvais, je serais déjà loin. Comme si je n’avais jamais été. Qu’un souffle.

A_million_whispered_prayers_by_bingbing51
                                    A million whispered prayers by Bingbing51

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