Catégorie: Petits Bonheurs

Pour voir, comme ça, parce que fatiguée un peu de la vie, petite baisse de moral passagère, pour voir, rouvrir le roman inachevé auquel j'ai pas touché depuis des années. Parce que l'impression que c'est peut être le moment. Se dire que c'est sans doute très mauvais, et pas vraiment exploitable, mais vouloir voir. Parce que je crois que c'est une partie importante de moi, une des seules parties qui soit intrinsèquement un peu intéressante, et qui soit vraiment moi.

Juste pour voir.

Et se le prendre en pleine figure.  Que c'est bon. Que c'est habile. Que ça se tient. Que c'est ficelé, et que ça se lit, avec plaisir même. Se rendre compte de tout le travail, de toute l'inspiration incroyable que ça a demandé. Et sentir que c'est là.

Que c'est encore là. Enfin.

Passer plusieurs heures au creux de la nuit à reprendre le fil de cette histoire, à refaire le parcours pour retrouver les personnages, l'intrigue, le ton, et ne décider d'aller se coucher que quand j'en suis arrivée là, enfin, avec le curseur, sur une nouvelle ligne, prête à enquiller la suite.

Parce que c'est là. Bordel.

Parce que je suis morte de faim. Prête à dévorer et avaler des kilomètres de mots, des pages, que je le sens en moi, comme on respire.

Et alors...

J'entends le capitaine rire à gorge déployée.