30.12.08
La marque du diable
Catégorie: Gratte moi ça me démange!
Effectivement, suite au commentaire de Demoiselle Titane - dont l'intérêt me touche sincèrement, je me suis rendue compte que "grattage compulsif" ça ne devait pas vous dire pas grand chose... Je m'en suis tenue à ça pour le moment sans vraiment rentrer dans les détail pour éviter le côté gore. Mais il va bien falloir que je sois un peu plus évocatrice, sans être trop trash, car après tout c'est ma réalité.
En fait j'ai réalisé, en discutant à ce sujet avec ma maman au téléphone aujourd'hui, que même elle, qui pourtant me connait très bien, ne s'est pas vraiment rendue compte de jusqu'où je peux aller quand je me gratte (punaise comme je déteste ce mot...) tout simplement parce que je le cache bien. Ca fait aussi partie des corollaires du Toc: dissimuler. mais j'en reparlerai plus tard. Pour le moment il va falloir que je sois plus exaustive que je ne l'ai été jusque là. Allons-y.
Comme je l'ai déjà dit, tout le monde se gratouille les petits boutons, tout le monde se tripatouille le visage de temps en temps. Mais quelqu'un qui souffre d'un Toc de grattage comme moi fait bien plus. Suivant les personnes, elles ont même des zones du corps qu'elles "massacrent" - car c'est bien le terme - plus particulièrement. Pour certains ce sont les bras, d'autres le dos, d'autres le visage... Personnellement, je me gratte indifféremment sur tout le corps, avec il est vrai des zones plus marquées suivant les périodes, et un massacre généralisé quand je suis un période de crise. Bras, jambes, dos, cuisses, visages, cou, épaules... rien n'y échappe. Le but étant d'éradiquer la moindre imperfection de la peau, repérée soit lors d'une inspection visuelle, soit lors d'une inspection tactile. En gros, soit je vois les imperfections, soit je les sens. Je ne pourrais pas dire combien de temps dans la journée je passe - consciemment mais surtout inconsciemment - à parcourir la peau de mon corps du bout des doigts à la recherche de la moindre chose qui dépasse. C'est un réflexe que je déteste, mais c'est comme si je ne contrôlais pas mes mains. A peine je m'oublie et hop, je me retrouve avec les doigts qui cherchent sur mon bras, ou dans mon dos... C'est un peu comme de la lecture en braille. Drôle de lecture à vrai dire...
Et donc, quand on trouve une broutille, car au départ ce n'est qu'une broutille, on gratte. Je gratte. C'est la que ça se corse. Car ces petites broutilles ne sont pas faites pour être grattées. Si ça va bien, c'est juste une petite croûte qui s'arrache toute seule, un petit point noir qui vient sans problème. Mais la plupart du temps, il faut gratter plus profond, parce que ça ne vient pas, justement. Là où ce Toc peut s'apparenter à de l'auto-mutilation, c'est que pour enlever ces imperfections, les gens atteints comme moi vont jusqu'au sang, jusqu'à creuser la chair, la mettant à vif, parfois même pire. Certains utilisent des instruments du genre pince à épiler ou aiguille, ce que moi je ne fais pas. Pour creuser, pour arracher, le petit truc, la petite chose ridicule à l'origine de notre obsession. Forcément le résultat ce sont des plaies, plaies qui font des croûtes, que l'on ne peut s'empêcher de gratter, qui donc mettent longtemps à cicatriser, faisant des marques irrémédiables, cercle vicieux.
S'abîmer volontairement la peau à ce point, se causer des plaies sciemment, on pourrait donc croire que ça relève du plaisir à se faire mal, du genre lacérations ou autre que l'on observe chez ceux qui s'auto-mutile. Sauf que pas du tout. Et là je témoigne de ma propre expérience: lorsque je me gratte, je ne ressens quasiment jamais la douleur. Pourtant je mets la peau à vif, j'arrache tout, et en temps normal si on me demandait de me faire ça sans raison je ne pourrais pas car il est évident que ça fait mal. Pour ceux qui ne visualisent pas très bien, je vais être un peu gore: vous voyez ce que ça fait car vous vous raper le bras contre un mur ou je ne sais quoi. La petite raperie sans gravité mais qui brûle bien. La couche superficielle de l'épiderme est arraché et vous vous retrouvez à vif. Et bien imaginez que vous vous fassiez ça tout seul, juste en grattant un petit endroit avec votre ongle, en grattant et grattant tellement fort au même endroit et en insistant tellement qu'au bout d'un moment, vous arrivez à décoller la couche superficielle de la peau et à la mettre à vif. C'est un peu comme enlever l'opercule d'une braquette. Oui je sais, mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit. Mais au moins là, vous visualisez que c'est pas quelque chose d'agréable mais bien quelque chose de douloureux. Sauf que cette douleur là donc, je ne la sens pas. Ce qui n'aide pas vraiment à se rendre compte de ce qu'on est en train de faire non plus...
Quand je me gratte, je ne prends pas - consciemment dumoins - plaisir à me faire du mal. Je suis surtout concentrée sur le besoin impératif de me débarrasser du truc que je gratte. Voilà mon but. La douleur vient souvent bien après, quand les vêtements frottent sur la peau à vif, quand j'ai des plaies enflammées qui se rappellent à moi, que j'ai la peau qui me fait mal, tout simplement. Mais sur le moment, point de douleur, et souffrir n'est absolument pas le but recherché.
Bien sûr quand on se massacre comme ça, avec la honte que ça provoque, on apprend à cacher les dégats. Autant vous dire que je ne porte jamais de dos nu, je ne me permets les décolletés qu'en dehors des périodes de crises, et fut même un temps ou je m'interdisais carrément les manches courtes. Aujourd'hui même si j'ai des plaies, j'essaie quand même d'éviter le syndrôme "abaya"... Ce qui me questionne le plus, c'est que les autres ne semblent pas vraiment se rendre compte finalement. Ou alors ils n'osent rien dire. Je ne sais pas. Quand je vois parfois que j'ai les bras couverts de "boutons", autrement dit de plaies en tout genre, je me demande comment ça pourrait ne pas sauter aux yeux de mon entourage. Car on ne parle pas d'une griffure de chat, ou d'une petite plaie parce que j'aurais fait du bricolage! On parle de dizaines de boutons, un peu comme si j'avais la rougeole. Comment les autres ne le verraient-ils pas? Je pense qu'ils le voient - je ne suis pas dupe et eux non plus - que sans doute ils se questionnent parfois, ont peut être telle ou telle idée sur le sujet, et qu'ils oublient aussitôt.
Le pire, c'est d'imaginer que les autres puissent voir ça comme un manque d'hygiène. D'ailleurs, à la base de mon trouble à moi, il y a aussi cette question d'hygiène. Toutes ces petites imperfections de la peau que je gratte et que je tente d'éradiquer, ce n'est pas vraiment parce que j'ai peur qu'on me trouve moche, personnellement c'est plutôt que j'ai peur qu'on me trouve sale. Je n'ai aucune idée du pourquoi ou du comment, mais au fond de moi je trouve les boutons et autres petites broutilles absolument... inacceptables. Attention ce que je vais dire n'a aucune rationnalité, mais les gens bien n'ont pas de "boutons". Oui c'est stupide, je sais. Et étrangement je m'en suis rendue compte très récemment, parce qu'une des filles qui travaillent avec nous à l'école - je dis fille mais elle est comme moi elle a une petite trentaine - a un petit acné discret mais tenace. Or c'est une fille coquette, toujours bien mise, et franchement, les petits boutons qu'elle a dans le decolleté ou sur le visage me... m'obssèdent. C'est bizarre, mais je dois faire un effort pour ne pas les fixer en permanence, car la seule envie que j'ai, ça serait de me jeter dessus et de les enlever, de les faire disparaitre. Et j'ai toujours du mal a associé l'image de cette fille si bien avec ces petites choses qui dans mon esprit sont la marque d'un manque d'hygiène, d'une culpabilité quelconque. C'est grâce à elle que j'ai vraiment réalisé que dans ma petite tête tordue, j'associais vraiment ces imperfections de la peau avec une certaine saleté et pas seulement physique...
Ecrivant ça, ça me fait penser au système de caste en Inde par exemple. Vous savez, les intouchables. C'est un peu comme si ma peau me désignait comme quelqu'un d'infréquentable, quelqu'un de crotteux comme j'aime à dire. Une mauvaise personne, punie parce qu'elle aurait fait de mauvaise chose. Après tout on a que ce qu'on mérite non? Et marquer les parias au fer rouge, ça n'est pas nouveau. Il y a quelque chose de cet ordre à l'origine de mon trouble. Sans que je sache vraiment pourquoi... C'est comme si ma peau était la marque de quelque chose. Une punition pour moi en même temps qu'un signe pour les autres.
Bon ça devient trop psychologique pour mon esprit fatigué, je vais plutôt aller me coucher. La suite au prochain numéro.
28.12.08
Crache ça ira mieux...
Catégorie: Gratte moi ça me démange!
En vacances depuis une semaine, mais malade depuis presque deux, il a fallu que j'en vienne aux antibios pour voir enfin une amélioration de mon état. Ras le bol de ces gosses qui me refilent tous leurs microbes... je suis malade la moitié du temps!
Mais je voulais parler d'une autre maladie, une maladie que je traine depuis bien plus longtemps. A vrai dire, ça fait un bon moment que je me tâte sur le fait d'un parler ou pas sur ce blog. Parce que c'est pas très glamour, parce qu'à vrai dire j'ai bien peur de passer pour une fille dérangée, tellement ça parait bizarre et incompréhensible pour les autres. Parce que j'en ai honte aussi, évidemment. mais après tout, si ça me démange - et le mot est bien choisi - c'est qu'il y a une raison, et puis ce blog manque de vie depuis quelques temps. Je me dis que c'est le bon moment.
Pour ceux qui me lisent assidument, ça ne sera pas une surprise, j'y ai déjà fait allusion. Juste en passant, sans vraiment entrer dans les détails, mais j'ai déjà parlé de ce toc qui me pourrit la vie, du fait que je me gratte, que je suis obsédée par ma peau et surtout par ses imperfections. Depuis j'ai appris des choses sur ce que je croyais être un trouble très personnel et tout à fait exceptionnel: d'abord c'est un trouble beaucoup plus répendu que je ne l'imaginais, qui commence à être identifié, et qui comme tous les troubles compulsifs ne peut être guérit qu'avec une bonne prise de conscience, un volonté de fer et un vrai désir de s'en sortir. C'est un vrai combat dans lequel je suis engagée depuis quelques temps, pas à cent pour cent encore, mais disons que ça monte en puissance, et que logiquement, vient un moment l'envie d'en parler, de briser un peu le tabou.
Très pudiquement, c'est un trouble souvent définit comme étant de l'acné excorié, ou acné excorié des jeunes filles. En fait, il s'agit d'un acné tout à fait bénin, que les filles le plus souvent, vont exacerber en le tripotant. Allez soyez franc: qui à l'adolescence ne s'est pas tripoté les boutons devant la glace? Qui ne le fait pas aujourd'hui encore de temps en temps, quand un de ces sales machins nous sort à un endroit que l'on juge disgracieux? C'est pas l'envie qui nous manque de l'éclater, le percer, pour essayer désespérement de le faire disparaitre. Je me souviens même d'un épisode de Sex and the City - référence du glamour moderne quand même- ou l'héroine frôle une mini dépression parce qu'elle n'a pas réussi à résister à se percer un affreux bouton sur le visage... c'est pour vous dire. Enfin bref, c'est un réflexe humain en somme. Sauf que. Sauf que perso quand je lis la définition de cette histoire d'acné excorié, j'ai un peu l'impression qu'on se fiche de moi, genre comme si on essayait de me faire passer un lapin pour un dromadaire. Si si, à peu près pareil.
Et comme d'habitude, on est à la traine derrière les anglo-saxons. Parce que eux, depuis quelques temps, ont semble-t-il vraiment commencé à identifier le trouble dont je souffre et qui n'a rien à voir avec un acné excorié croyez-moi. Les anglos-saxons eux parlent de Skin Picking, terme intraduisible, mais aussi de Dermatillomania là traduisible en français par dermotillomanie. Sauf que si vous chercher sur le net en français des infos sur ce trouble, rien n'apparait, si ce n'est des forums des gens atteints comme moi, qui cherchent quelques explications, une façon de s'en sortir, et de l'entraide. Personnellement je n'ai réussi à trouver aucun contenu médical digne de ce nom. Décevant mais pire encore: ça me donne l'impression de souffrir dans l'indifférence générale, voir de souffrir de quelque chose qui n'existe pas, et si on pousse à l'extrême, d'être une pauvre folle toquée au comportement tordu et répréhensible. Il faut naviguer sur quelques sites américains pour commencer à avoir des réponses, et là c'est la première surprise: je me retrouve totalement dans les descriptions du trouble, tant physiques que psychologiques, et quelque part c'est un franc soulagement. Parce que ça veut dire que je ne souffre pas d'une obscure folie mais bien d'un trouble humain, identifié semble-t-il chez des milliers de gens, qui a des causes réelles, me dédouanant alors d'une certaine culpabilité.
Parce que l'un des corollaires de ce trouble - qui se rapporte soit dit en passant aux troubles dysmorphophobiques autrement dit à la peur obsédante d'être laid - c'est la culpabilité. A vrai dire il y a tout un tas de corollaire, mais la honte et la culpabilité sont les deux principaux, bien pire que les autres, ceux qui me bouffent bien la vie personnellement. La culpabilité bien sûr, parce que si je ne me grattais pas, je ne serais pas dans cet état. La réaction basique, c'est de se dire que c'est ma faute, que personne ne me pousse à faire ça, que si je le fais c'est parce que je le veux bien. Une fois je disais que c'était comme fumer. On considère souvent les fumeurs qui n'arrivent pas à arrêter comme des gens faibles, sans volonté. Pour les gens atteints comme moi de Toc, c'est un peu pareil. Après tout il suffit de décider d'arrêter hein, puisque c'est mauvais pour nous. D'autant plus que là on ne parle pas d'un trouble du genre se laver les mains quinze fois en une heure ou être obligé de tout ranger par couleur... on parle quand même d'un trouble qui nous amène vers une forme d'automutilation - il faudra d'ailleurs que je revienne sur ce point une autre fois - donc vers quelque chose de l'ordre de la souffrance physique. N'importe qui de saint d'esprit en sachant cela se dira que si on continue, c'est quand même qu'on le veut bien. Ou qu'on est complètement frappé. Dans les deux cas, cela n'amène que de la culpabilité, et de la honte. Honte bien sûr amplifiée par le fait que le résultat est très moche - et vu qu'à la base le toc en lui même relève de la peur d'être laid et d'une envie de plaire - imaginez bien comment la honte n'en est que plus énorme.
J'ai encore beaucoup de chose à dire là dessus mais il est tard. Je sens bien qu'il faudra plus qu'un post pour expliquer tout ce que je ressens, pour vider mon sac en quelques sortes. J'hésitais à le faire, et même en commençant ce post, je n'étais pas sûre d'aller au bout, mais maintenant que j'ai commencé, j'ai l'impression de ne plus pouvoir m'arrêter, ça coule à flôt, avec une certaine force, quelque chose de l'ordre de la revanche, de la victoire, comme on se défait de ses entraves je crois. J'espère juste avoir la force et le temps, le courage de refaire quelques posts là dessus, et que celui là ne sera pas juste une passade. Bref, je crois que ça mérite une nouvelle catégorie toute particulière, histoire d'officialiser le truc, et comme dans la vie, face à se qui fait mal, une des meilleures armes qui soit c'est l'humour, j'ai donc intitulé cette catégorie "Gratte moi ça me démange!"...
Vous verrez que c'est encore plus vrai que ça en a l'air!
25.12.08
Joyeux Noël
Catégorie: Evènements
Faire refus - Jean-Pierre Siméon
Dites non
à ce qui entrave
à ce qui rompt
à ce qui use
faites refus
Face au galop
sous la morsure
devant la force qui gronde
soyez l'obstacle
Dévoré par la nuit
Celui qui obéit
à la nuit
En toutes terres
que le cri monte
comme un arbre

Dandelion by Unknown
06.12.08
Schtroumpf alors!
Catégorie: Anecdotes
L'autre soir en me déshabillant pour prendre ma douche, j'ai eu une drôle de surprise. Comme toutes les filles un peu coquettes - et comme beaucoup de gens je crois d'ailleurs - je ne manque pas de jeter un coup d'oeil à mon miroir pour vérifier ma silhouette, des fois que dans la journée je me sois transformée en Beyoncé. Si si ne mentez pas, vous aussi vous vous regardez tout nu dans la glace avant de passer à la douche. Ou après. Enfin bref. Je jette un oeil donc, sauf que bien entendu Beyoncé n'y était pas, et c'est un autre genre de surprise qui m'attendait: j'avais les fesses bleues.
Je ne parle pas d'un bleu suite à un choc, non non. Pas ce genre de bleu. Je ne parle pas non plus d'une petite trace. Je parle d'une jolie coloration bleu marine, bien marquée, sur tout mon postérieur. J'ai bien du cligner des yeux quinze fois en disant "merde j'ai les fesses bleues" avant de vraiment réaliser ce que je regardais. Et comme les chiens qui essaient de se mordre la queue je me suis alors retrouvée à tourner sur moi même pour tenter de mieux identifier ce bleu sur mes fesses. Et c'est là que c'est encore plus bizarre.
En fait, il est apparu évident qu'un de mes vêtements de la journée avait déteint. J'ai alors entrepris de vérifier un par un les vêtements en question et j'ai commencé par hurler, parce que la magnifique culotte en dentelle champagne - d'une marque hors de prix - avait elle aussi pris une jolie coloration bleu marine sur l'arrière. Punaise je rêve... J'attrape alors mes collant, mais eux sont vert kaki. Et la jupe: en jeans. Ah ah!Voilà la fautive! Le mystère est résolu. Sauf que je ne comprends pas pourquoi elle n'a déteint que sur les fesses...
Il a quand même fallu que je frotte fort pour enlever cette saleté de coloration, et au sortir de la douche, cette fois, j'avais les fesses bien rouges.
03.12.08
Au delà
Catégorie: Bright Side
Si je ne croyais pas, je ne serais pas là,
Debout,
Au col des montagnes,
Contemplant l’horizon sous le vent,
Accroché à l’orée du monde.
Je ne serai pas là,
Respirant en silence,
Devant le temps qui se déroule comme l’océan,
Jusqu’à perte de vue.
Je ne serai pas là, au sommet,
Faisant face à l’immensité de l’univers
Comme on embrasse la vie,
A plein poumon,
Et béat.
Si je ne croyais pas, je ne serais pas là,
Debout,
Chaque jour,
Face au soleil qui embrase la terre.
Je ne serai pas là,
Si je ne croyais pas
Que tout est possible.

Film "Le soleil se lève aussi" by Jiang Wen

