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07.01.07

Comment te dire adieu...

Catégorie: Amitiés

Dans ma courte vie j'ai eu quelques amitiés fortes, des amis de ceux qui sont vraiment particuliers, de ces rencontres qui changent la vie.

Mais parfois, ces rencontres sont tellement singulières qu'elles ne peuvent durer longtemps, quelques mois, quelques années. Et quand elles se finissent elles laissent une drôle d'impression, quelque chose de brumeux, de lointain, où l'on n'a pas tout saisi, qui s'est passé malgrè nous plutôt qu'avec nous, quelque chose qui s'évapore, qui s'éloigne, et qui disparait.

Difficile ensuite de se rendre compte de tout ce que ce bout de chemin ensemble a alors apporté, surtout que la plupart du temps ces rencontres deviennent douloureuses au moment où elles meurent, douloureuses comme une brûlure, comme la marque qu'elles laissent et dont parfois on se serait bien passé.

Certaines amitiés finissent avec cette teinte étrange de rancune, de regret, de remord, et ces questions en cohorte qui ne trouveront jamais réponses. Le cortège fantômatique s'en va sous vos yeux, reviendra vous hanter parfois, longtemps.

Quand elles commencent à prendre cette teinte, quand l'ami qui réconforte devient celui qui pèse, quand plus aucun mot n'est en commun, ni en rythme, quand ça devient dissonant, que ça s'étire de trop, que ça devient irrégulier et grinçant, quand on évite, quand on retourne, quand on repproche, quand rien d'autre ne vient, quand l'autre n'est que l'autre, et que ça ne suffit plus, quand il n'y a pas d'effort, plus d'échange, je sens le moment de me défaire, avant que tout ne soit méchant et vain.

Parce quelque soit la teinte sombre, elle embaume le corps de quelque chose de plus précieux, et que la trace qu'elle laisse nous fait un peu plus ce qu'on est, nous fait devenir. Notre identité tient aussi à ceux qu'on laisse. A la façon dont on les laisse.

Pour ne pas abîmer parfois il faut savoir lâcher prise, partir. Trancher le lien qui existait. Puisqu'il se déchire. L'agonie n'est pas une chose pour l'amitié.

Ce soir, j'ai tranché un lien, sans trop d'explications, sans trop de fioritures, j'ai tranché en sachant ce que je laissais. Et ce que je sauvais. Quand rien de plus n'est possible.

Ce soir, je range les super héros dans leur boîte.

Posté par Eddie à 01:10 - Amitiés - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

ma belle..

T'inquiète... les super héros, ils ont toujours l'air con avec leur slips moulants de toute façon.....

courage ma beauté !

ps : msn bug grave de chez grave ce soir... sorry !

Posté par assayah, 07.01.07 à 01:17

Ca me parle...

Tu ne peux pas savoir combien ce que tu as écrit me parle... J'ai l'impression de me reconnaître dans tes mots... J'ai moi aussi dû rompre un lien qui m'était cher... Trop d'humiliations et d'incompréhension... Ca a été très dur mais je sais aujourd'hui que je n'avais pas le choix... Purée, ça me donne envie de pleurer ce que t'écris, c'est malin ! ;-)

Posté par Mirabelle, 07.01.07 à 14:39

Je me reconnais vraiment là-dedans... Justement j'en ai parlé sur un blog : j'ai des amitiés qui se sont arrêtées sans raison, et d'autres qui ont duré très peu de temps mais auxquelles je pense encore. Et des liens j'en ai tranché un paquet, mais toujours sans regret !

Posté par Nelka, 07.01.07 à 23:48

Glisser une note dans ma poche?







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